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Archives ouvertes
Un article de DokuPedia.
Actuellement on entend de plus en plus parler d'Archives Ouvertes ou Open Archives, mais qu'est-ce que c'est ?
Les Archives Ouvertes ou Open Archives sont des articles scientifiques électroniques publiés directement sur Internet ou ayant déjà été publiés dans des revues papier et mis ensuite sur le Web, et dont l'accès est libre (ou ouvert).
- J.M. Salaun
- « Aucun bibliothécaire ou documentaliste servant un public de chercheurs ne peut ignorer le mouvement des archives ouvertes ou du libre accès selon les terminologies variables qui ont cours. Il a été lancé il y a plus d’une douzaine d’années et s’impose aujourd’hui comme un épisode déterminant du changement de paradigme en cours dans la publication scientifique. »
Les archives ouvertes
Définition
Une archive ouverte est un entrepôt d'informations contenant des documents numériques issus de la recherche scientifique et de l'enseignement et dont l'accès se veut le plus large possible c'est-à-dire ouvert.
Cette ouverture est facilitée par l'utilisation de protocoles communs (OAI) qui permet en une seule demande (requête) d'avoir accès à plusieurs archives provenant de plusieurs lieux de stockage différents.
Suivant les archives, le genre des documents déposés peut varier : pré-publication, post-publications, thèses, mémoires, supports de cours, images, sons,... Mais quel que soit le document déposé, le « niveau de qualité » attendu est celui d'une publication soumise à un comité scientifique de lecture.
Les dépôts peuvent être effectués soit par les auteurs eux-mêmes, soit par un organisme ayant des droits sur l'oeuvre (Institut de recherches, revues, universités ...).
Pour que le document soit facilement accessible aux moteurs de recherche, de nombreuses métadonnées lui sont associées, au minimum les éléments de base du Dublin Core. La mise en place de ces métadonnées permet de signaler l'article, de faciliter sa recherche par les métamoteurs (ou moteurs de recherches) et de donner des informations pour des calculs bibliométriques.
Pourquoi les archives ouvertes ?
Les archives ouvertes donnent accès aux résultats de la recherche scientifique en permettant aux auteurs de diffuser leurs travaux en temps réel auprès du plus grand nombre.
Cette diffusion a lieu grâce à l'archivage institutionnel ou thématique de publications évaluées (post-publications) ou non encore évaluées (pré-publications) (la mise à disposition sur le web, n'empêche évidemment pas les auteurs de continuer de soumettre leurs travaux à des revues ou autres).
Les archives ouvertes permettre alors l'augmentation de la notoriété des chercheurs, et accroissement de l'impact de leurs recherches.
L'objectif du mouvement des archives ouvertes est donc l'amélioration de la circulation et de la diffusion de l'information scientifique.
La mise en place et la diffusion d’archives impliquent de nombreux protagonistes (auteurs, laboratoire, revue, ...) et font émerger des questions techniques, juridiques et financières.
L'O.A.I. (Open Archives Initiative)
L'Initiative pour les Archives Ouvertes (OAI) est un standard de métadonnées rendant les données stockées dans différentes archives aptes à être traitées par des services tels que les moteurs de recherche comme si elles étaient hébergées dans une archive unique ce qui signifie que l'OAI supporte l'interopérabilité.
Cette initiative définit un ensemble de protocoles techniques liés à la description des données et à leur interrogation. La suite logique de ces réflexions consiste en la mise en place d’un protocole permettant l’interopérabilité des archives : l’Open Archive Initiative Metadata Harvesting (OAI-PMH).
Le protocole OAI définit les normes que doivent supporter les archives ouvertes pour pouvoir être interrogées simultanément, en une seule requête, quel que soit l'endroit où elles se trouvent, sans qu'il soit besoin de les dupliquer ou de les télécharger, ce qui les rend interopérables.
Ce protocole définit également le langage permettant au fournisseur de données (entrepôt ou data proviser) de communiquer avec le fournisseur de services (service provider) qui rassemble les données collectées par un moissonneur.
Le fournisseur de données définit ce qu'il désire ou ne désire pas rendre accessible. Il garde le contrôle total sur les données et les formate pour l'usage spécifique d'un ou plusieurs moissonneurs. Il peut organiser son entrepôt en ensembles et sous-ensembles dans le but de contrôler ce qui est accessible aux moissonneurs. Ceux-ci auront alors accès à l'intégralité des métadonnées ou seulement à un ou plusieurs sous-ensembles.
L'utilisateur final interroge seulement le fournisseur de services, qui lui renvoie en réponse une liste de notices pertinentes. Ces notices proposent un lien hypertexte vers le document initial, accessible sur le serveur de fournisseur de données.
Historique
Depuis quand ?
Le mouvement des archives ouvertes et d'auto-archivage est né au début des années 1990 dans la communauté scientifique nord-américaine, et plus particulièrement dans le domaine de la physique, avec la création du premier serveur de publications (ArXiv) par Paul Ginsparg de l'Université de Los Alamos en 1991.
Le mouvement des archives ouvertes s’est immédiatement inscrit dans l’espace international de la recherche avec pour ambition d’accélérer les échanges entre les chercheurs.
Un autre précurseur, Stevan Harnad, professeur en sciences cognitives à l'université de Southampton lance dès 1990 des revues en accès libre et crée l'archive Cogprints en 1997, permettant d'étendre le mouvement aux disciplines des sciences humaines et sociales.
En 1999, la convention de Santa Fé lance le mouvement Open Archive Initiative. Suivrons ensuite des textes fondateurs permettant de fixer les objectifs des archives ouvertes : l'Initiative de Budapest en février 2002, la déclaration de Bethesda en avril 2003 et la déclaration de Berlin en octobre 2003. Le mouvement continuant à se développer, de nouvelles conventions ont lieu régulièrement.
En France, c'est au début des années 2000, que le CNRS va commencer à s'intéresser vraiment au mouvement des archives ouvertes.
Les différentes initiatives
La Convention de Santa Fé
En 1999, elle lance le mouvement Open Archive Initiative avec pour objectifs principaux :
- de développer et de promouvoir des standards interopérables pour les bases d'articles scientifiques ;
- de définir un ensemble de protocoles techniques pour la description des données et leur interrogation ;
- d'oeuvrer pour que la constitution d'archives électroniques devienne un processus étable dans la communication scientifique.
L’initiative de Budapest pour l’accès ouvert (BOAI) [2] (14 février 2002)
Elle définie deux solutions pour la mise en ligne libre et sans restriction des résultats de la recherche :
- l’auto-archivage : il s’agit du dépôt par son auteur d’un document en texte intégral sur un site web en accès public. Ce dépôt s’accompagne d’une saisie d’informations (métadonnées) permettant une recherche ultérieure (par nom, discipline, mot-clé, organisme, …) (BOAI 1) ;
- les revues en libre accès : ce sont des revues diffusant gratuitement des articles à l’ensemble de la communauté scientifique, les frais de publication étant généralement pris en charge par les auteurs eux-mêmes ou leur institution (BOAI 2).
Cette Initiative est à la fois une déclaration de principe, une déclaration de stratégie et une déclaration de soutien financier.
Elle a été signée par les participants de Budapest et par un nombre croissant d'individus et d'organisations du monde entier (chercheurs, universités, laboratoires,bibliothèques, fondations, éditeurs ...).
La Déclaration de Bethesda pour l'édition en libre accès [3] (11 avril 2003)
Cette déclaration définit ce qu’est une publication en libre accès :
- l’auteur et les titulaires du droit d’auteur accordent à tous les utilisateurs un « droit d’accès gratuit, irrévocable, mondial et perpétuel et leur concèdent une licence leur permettant de copier, utiliser, distribuer, transmettre et visualiser publiquement l’oeuvre… à condition d’en indiquer correctement l’auteur ». Ils accordent également aux utilisateurs le droit de faire un petit nombre de copies papier de l’oeuvre pour leur usage personnel ;
- la version complète de l’oeuvre est déposée dès sa publication dans au moins un réservoir en ligne subventionné par un organisme reconnu « oeuvrant pour le libre accès, la diffusion sans restriction, l’interopérabilité et l’archivage à long terme».
Les engagements et les signataires de ce texte sont plus individuels qu'institutionnels et majoritairement anglo-saxons.
La Déclaration de Berlin [4] sur le libre accès à la connaissance en sciences exactes, sciences de la vie, sciences humaines et sociales (22 octobre 2003)
Elle étend le modèle du libre accès définit dans la Déclaration de Bethesda, à l'ensemble des résultats de la recherche et au patrimoine culturel (voir Archives ouvertes et patrimoine culturel numérisé).
Les signataires de cette Déclaration, contrairement aux précédentes, sont des institutions et non des individus, ce qui permet au libre accès d'acquérir une validité institutionnelle (elle a été signée en France par le CNRS et l'Inserm en 2003, par l'Inra et l'INRIA en 2004).
Depuis cette date d'autres réunions dites de « Berlin » ont eu lieu dans différents lieux :
- Berlin 2 en 2004 à Genève : « Comment concrétiser le libre accès à la littérature scientifique... ».
- Berlin 3 [5] à l'Université de Southampton en mars 2005, elle recommandait aux signataires de Berlin 1 :
- d'exiger que leurs chercheurs déposent une copie de tous leurs articles dans une archives ouvertes,
- d'accorder les subventions nécessaires pour encourager leurs chercheurs à publier dans des revues libre d'accès.
- Berlin 4 s'est déroulée au printemps 2006 à Potsdam , et avait pour thème «From Promise to Practice »
- Le prochain, Berlin 5 sur le Libre Accès, doit normalement avoir lieu en septembre 2007 à Padoue en Italie, sur le thème « Des pratiques à l'impact : les conséquences du Libre accès sur la diffusion des savoirs ».
Un peu de technique...
Contenu d'une archive ouverte
Deux types de publications peuvent se rencontrer dans une archives ouvertes : des prépublications et des postpublications (preprints et postprints). Ces deux types de documents sont qualifiés de e-publications (e-prints).
- Les prépublications sont des articles qui n'ont pas encore été contrôlés par des experts.
- Les postpublications sont des articles qui ont été contrôlés et certifiés par des experts.
Il est toujours clairement spécifié de quels types de documents il s'agit, et les deux peuvent être présent en même temps.
Différentes façons d'archiver ?
Auto-archivage
L’auto-archivage est le système qui consiste pour les auteurs à déposer eux-mêmes leurs travaux sur des sites web ou dans les archives ouvertes de leur choix.
Il consiste à déposer un article sur un site web en accès public, de préférence selon le format d'archivage des publications électroniques définis par l'OAI. Ce dépôt implique une interface web simple, où le dépositaire copie/colle les métadonnées (date, auteur, titre, nom du journal, etc ..), et attache ensuite le texte intégral du document.
Archives thématiques
Les archives thématiques s'organisent autour d’une discipline, souvent au niveau international. Elles contiennent principalement des prépublications (preprints) qui sont parfois commentées et évaluées.
Selon les domaines couverts, les archives thématiques sont plus ou moins reconnues, alimentées et utilisées par la communauté scientifique.
Archives institutionnelles
Les archives institutionnelles ont pour objectif de contenir l’ensemble de la production scientifique électronique d’une institution.
Elles se doivent d'assurer validité, lisibilité, visibilité et pérennité des écrits produits.
Elles peuvent constituer des réservoirs pour tous les résultats de la recherche, y compris les données brutes et factuelles non incluses dans les publications.
Elles peuvent aussi être le moyen de valoriser une base documentaire en la rendant compatible avec le protocole OAI.
Le dépôt dans une archive ouverte institutionnelle n’empêche pas le dépôt éventuel dans une autre archive ouverte (par auto-archivage ou dans une archive thématique).
Aspect juridique
Archives ouvertes et droit de copie (copyright)
Le droit de copie (ou copyright) donne au détenteur de ce droit le droit de rendre l'accès à son archive restreint ou libre.
Le « problème » n'est pas le même si l'on traite d'auto-archivage ou de revues en libre accès :
- Auto-archivage :
- Pour les prépublications, l'auteur est propriétaire de son droit de copie et le dépôt dans une archive ouverte ne pose aucun problème de copyright.
- Pour les postpublications, le droit de copie est transféré à la revue qui a validé l'article. Elle peut alors donner ou non son autorisation pour le dépôt dans une archive ouverte. En cas d'accord il n'y a aucun problème de copyright ; en cas de refus l'auteur est libre de laisser sa prépublication (dont il détient toujours les droits de copie) en libre accès en y apportant si besoin quelques rectificatifs.
- Revue en libre accès :
- Le droit de copie est soit conservé par l'auteur, soit transféré à l'éditeur, mais dans les deux cas le détenteur de ce droit s'engage à mettre les travaux publiés en libre accès. (Des licences peuvent être mises en place entre l'auteur et l'éditeur).
Les licences
- Des licences sont particulièrement bien adaptées aux archives ouvertes se sont les "Creative Commons" :
- Pour de plus amples informations sur les différentes licences et leurs rôles rendez-vous sur le site de Jurispédia : licence Jurispédia
Quelques exemples d'applications
- En France :
- HAL: Hyper Articles en Ligne est un outil de communication scientifique directe entre chercheurs. C'est à la fois un logiciel et une interface permettant aux auteurs de déposer sur la base du Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) des manuscrits d'articles scientifiques dans toutes les disciplines. HAL est une archive ouverte multidisciplinaire à vocation internationale.
- HAL: Hyper Articles en Ligne est un outil de communication scientifique directe entre chercheurs. C'est à la fois un logiciel et une interface permettant aux auteurs de déposer sur la base du Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) des manuscrits d'articles scientifiques dans toutes les disciplines. HAL est une archive ouverte multidisciplinaire à vocation internationale.
- Dans le Monde :
- Arxiv : premier réservoir d'archives ouvertes, c'est une archive de prépublications électroniques d'articles scientifiques dans les domaines de la physique, des mathématiques, de l'informatique, des sciences non-linéaires et de la biologie quantitative.
Site miroir français : fr.arxiv
- Sherpa / Romeo : Site d'informations sur la politique éditoriale de plus de 85 éditeurs. Il liste les éditeurs de journaux scientifiques qui ont ou n'ont pas donné le feu vert pour l'auto-archivage par les auteurs. Pour connaître les règles appliquées par chaque éditeur, se reporter à ce site, régulièrement mis à jour.
- OAIster : principal moteur de recherche d'archives ouvertes. Il permet à ce jour d'interroger plus de 10000000 documents en provenance de plus de 700 institutions dont HAL, ArXiV, DOAJ, etc. Tous les domaines scientifiques sont représentés.
- SciElo : à l’origine, projet qui a pour objectif de contribuer au développement de la recherche scientifique sud-américaine en améliorant l’accès aux publications scientifiques pour en augmenter la visibilité...
- Arxiv : premier réservoir d'archives ouvertes, c'est une archive de prépublications électroniques d'articles scientifiques dans les domaines de la physique, des mathématiques, de l'informatique, des sciences non-linéaires et de la biologie quantitative.
Notes et références
- ↑ Bibliothèques et services de documentation dans le mouvement du Libre Accès aux ressources scientifiques dans Les Archives ouvertes : enjeux et pratiques. Guide à l’usage des professionnels de l’information. Ed. ADBS, 2005, p. 269.
- ↑ http://www.soros.org/openaccess/fr/read.shtml (version française)
- ↑ http://biomedcentral.com/openaccess/bethesda/
- ↑ http://www.zim.mpg.de/openaccess-berlin/BerlinDeclaration_fr.pdf (version française)
- ↑ http://www.eprints.org/berlin3/
Pour approfondir le sujet
Bibliographie
- SALAUN, J.M. (2005). Bibliothèques et services de documentation dans le mouvement du Libre Accès aux ressources scientifiques dans Les Archives ouvertes : enjeux et pratiques. Guide à l’usage des professionnels de l’information. Ed. ADBS
- CHANIER, T. (2005). Archives ouvertes et publication scientifique. Comment mettre en place l'accès libre aux résultats de la recherche ?. Ed. L'harmattan
Liens internes
Liens externes
- Outils
- Protocole OAI-PMH, version 2.O en anglais
- Repository explorer qui permet d'interroger une archive (identification, listes des enregistrements , ensembles...) mais aussi de tester la validité d'une archive ouverte.
- La rubrique "Tools" de l'Open Archive Initiative offre des solutions logicielles pour l'installation d'une archive ouverte selon l'environnement informatique d'exploitation.
- Liste d'archives de l'Open Archive Initiative toutes disciplines confondues
- L'Open Access Webliography fournit des informations d'actualité sur le monde des archives ouvertes et du libre accès
- Trouver la notion "Archive ouverte" OR "archives ouvertes" sur l'internet des sciences de l'information et de la communication
- Nombreuses définitions sur les archives ouvertes : inist
- Accès en ligne à un ouvrage sur les archives ouvertes : ADBS
- Définition de l'Open access : wikipédia

