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Bibliothèque scolaire au Québec
Un article de DokuPedia.
Note sur la terminologie:
- Au Québec, au niveau primaire et secondaire, les centres de documentation au sein d'une école sont appelés : bibliothèques scolaires.
- Pour la France, centre documentaire en milieu scolaire français.
Peuplée d'un peu plus de 7 millions d'habitants, la province de Québec[1] est la seule au Canada ayant le français comme langue officielle dans ce pays de 30 millions d'habitants. Chaque province est divisée en régions. Au Canada, chaque province est responsable de son système éducatif et établit ses propres programmes, ses propres règles et a propres modes de financement.
Après une longue lutte entre le gouvernement et l'Église, la fréquentation de l'école est rendue obligatoire depuis 1943 par le gouvernement d'Adélard Godbout[2]. Pour avoir une certaine cohérence, un conseil des ministres de l’éducation (CEMC) est crée en 1967 et permet de réunir les ministres de chaque province. Chaque établissement scolaire dépend d'une commission scolaire, elles-mêmes attachées au ministère de l'éducation, du loisir et du sport.
Aujourd'hui, 92,2 % des écoles québécoises possèdent une bibliothèque.
Sommaire |
Les bibliothèques scolaires dans le système éducatif québécois : fonctionnement
Sources de financement
Le budget alloué par le gouvernement aux bibliothèques scolaires est réparti parmi les commissions scolaires, qui les transfèrent ensuite aux établissements. Mais chaque école peut se servir de ce budget comme il l’entend, c'est-à-dire utiliser ce budget à d’autres fins, par exemple à d’autres services ou projets de l’école.
En dehors de cette ressource, la bibliothèque scolaire peut bénéficier d’autres moyens de financement provenant de la commission scolaire destiné à soutenir des projets globaux, mais aussi d’éventuels collectes de fonds auprès de donateurs, d’une participation des parents (pour l’achat des manuels ou autres type d’ouvrages, ou de matériel informatique, selon la politique et le budget de l’école), de ressources additionnelles dont disposent les commissions provenant des taxes scolaires, basées sur l’impôt foncier.
Formations et statuts
Le bibliothécaire scolaire peut occuper un poste pour une durée permanente, ou renouvelable, ou répondre à des offres par le biais de concours, soit des épreuves préalables avant l’embauche (tels que tests d’écrits).
- Le bibliothechnicien ou technicien en documentation : Après avoir obtenu un DES (diplôme d’études secondaires), l’étudiant qui souhaite se diriger vers les métiers de la documentation pourra suivre un programme technique au CEGEP[3]sur une durée de 3 ans. Cette formation est professionnelle et le conduira directement sur le marché du travail. Il obtiendra alors un DEC (diplôme d’études collégiales), spécialisé en Documentation.[4].
- Le bibliothécaire et le spécialiste des moyens et techniques d'enseignement (SMTE): Après avoir obtenu un DEC (Diplôme d’études collégiales), il est possible de suivre des études universitaires, soit un premier cycle d’une durée de 3 ou 4 ans, qui permet d’obtenir un baccalauréat et poursuivre en second cycle pour obtenir une maîtrise en Sciences de l’information ( M.S.I ) afin d’être bibliothécaire.
- L’enseignant-bibliothécaire: Il a suivi un baccalauréat en éducation le plus souvent ou est titulaire d’un niveau équivalent: il possède les compétences d’un enseignant professionnel ajoutées à des compétences en bibliothéconomie (certificat par exemple). Il collabore avec le corps enseignant à l’élaboration d’activités d’enseignement et de recherche. [5]
- Le bénévole: Plus présent dans les écoles primaires, il est aussi extrêmement utile dans les écoles secondaires. Il complète le travail du bibliothécaire en l’aidant dans de nombreuses tâches et effectue parfois le travail d’un poste à mi-temps. Certaines bibliothèques fonctionnent uniquement à l’aide de bénévoles. Il peut être soit retraité, soit un parent d’élèves, et parfois un élève volontaire de l’école en sus des adultes.
Rôle de la bibliothèque scolaire
Missions
Nombre de rapports s’appuient sur le manifeste de l’Unesco et de l’IFLA en faveur des bibliothèques scolaires [6] pour démontrer que la bibliothèque est une composante essentielle de toute stratégie à long terme d'alphabétisation, d'éducation, d'information et de développement économique, social et culturel et par conséquent tient un rôle essentiel dans l’éducation et la réussite des élèves. Elle offre à tous les membres de la communauté scolaire des services d'apprentissage, des livres et des ressources qui développent la réflexion critique et leur permettent d'utiliser efficacement l'information quelle qu'en soit la forme ou le support.
La bibliothèque scolaire est un lieu qui favorise la mutualisation de trois axes principaux de l’éducation :
- Instruire
- Socialiser
- Qualifier
Le bibliothécaire accueille et est à l’écoute des usagers : c'est-à-dire l’équipe éducative et les élèves. Il oriente et met à la disposition des usagers des informations, de la documentation liée au programme, prépare des thématiques et effectue des recherches documentaires liées aux activités pédagogiques.
Il est également gestionnaire du fonds et responsable de l’ensemble des ressources : c’est à dire des documents de la bibliothèque : documentaires, romans, revues, mais aussi du matériel informatique, des CD-roms d’une part,du matériel pédagogique des professeurs et des livres scolaires destinés aux classes d’autre part. Soit de leur acquisition, préparation physique, catalogage et prêt. Dans certains établissements, il existe des gestionnaires qui ont la responsabilité des acquisitions des livres scolaires, ce qui soulage considérablement le bibliothécaire.
Conception du rôle de l’enseignant-bibliothécaire
- Selon des recherches de Ken Haycock[7], il existe bien une corrélation entre des résultas scolaires supérieurs et un meilleur financement de la bibliothèque (c’est-à-dire : collection plus vaste mais aussi accès à un enseignant bibliothécaire, travail collaboratif de celui-ci avec l’équipe des enseignants). Ces études mettent en avant le rôle du bibliothécaire mais ces résultats on été contredit et nécessitent de nouvelles recherches.
- D’après le dossier de synthèse de Carole Tilbian[8] , le rôle du bibliothécaire scolaire n’est pas perçu à sa juste valeur. Cela rejoint la situation dans la plupart des bibliothèques scolaires francophones, notamment en France.[9]. Par son rôle polyvalent, sa place est ambiguë : il n’est pas enseignant, mais il ne fait pas partie du personnel administratif. Il est un véritable partenaire de l’équipe éducative mais est considéré comme faisant partie du « personnel de soutien » et non comme acteur pédagogique.
- Place des Nouvelles Technologies : Au cours de l'année scolaire 2003-2004, environ 60 % des directeurs ont déclaré offrir à leurs élèves un accès fréquent à des ordinateurs connectés à Internet durant l'école mais aussi à l'extérieur des heures d'enseignement.[10]
Un ordinateur sur douze se trouve dans la bibliothèque de l’école: leur rôle premier est l’accès au catalogue et certains y sont exclusivement réservés, mais aussi aux ressources électroniques ou encore à la recherche d’information sur Internet. Ce qui nécessite d’une part une formation à la recherche, soit, une grande disponibilité et des compétences spécifiques de la part du personnel de la bibliothèque, et d’autre part une surveillance accrue lors d’accès sur les heures de dîner ou de pause.
La situation actuelle des bibliothèques scolaires au Québec
La situation du Québec par rapport aux autres provinces
En 2003-2004, la majorité des écoles au Canada étaient dotées d’une bibliothèque, soit 93,3 %. Dans la province du Québec, 91,6 % des écoles primaires et 94,6 % des écoles secondaires, soit 92,2 % des écoles avaient une bibliothèque au sein de leur établissement.[11]
De toutes les provinces, le Québec est celle où on affectait en moyenne le moins d’enseignants bibliothécaires, soit bien en dessous de la moyenne nationale. Le rapport édité en 2001 par la bibliothèque nationale du Canada[12] démontre les conséquences des restrictions budgétaires sur l’ensemble des bibliothèques scolaires au Canada. Après plusieurs rapports plutôt inquiétants et des diminutions de budget, mais aussi de nombreuses réactions d’associations pour les bibliothèques scolaires[13], le gouvernement québécois a mis en place diverses actions de promotion de la lecture, dont le plan lecture.
En 2003-2004, la majorité des écoles au Canada étaient dotées d’une bibliothèque, soit 93,3 %. Dans la province du Québec, 91,6 % des écoles primaires et 94,6 % des écoles secondaires, soit 92,2 % des écoles avaient une bibliothèque au sein de leur établissement.[14]
Le plan d’action sur la lecture
Présenté en janvier 2005 par le ministre de l’éducation, Pierre Reid, le plan d’action sur la lecture est axé sur le plaisir et la découverte de lire. Il propose des mesures concrètes pour donner davantage le goût de lire aux jeunes.[15]
- « Faire découvrir le plaisir de lire, voilà sans doute l’un des plus beaux cadeaux que nous pouvons offrir à nos jeunes, d’autant plus que leur réussite scolaire passe nécessairement par la lecture »
- Pierre Reid, Ministre de l’éducation.
Cela se traduit sur une action à moyen terme: soit un investissement sur 3 ans de 60 millions de dollars pour les bibliothèques scolaires québécoises, dont un tiers consacré uniquement à l’acquisition de nouveaux ouvrages.
D'autres mesures concrètes ont été mises en place telles que :
- La diffusion d’un coffre à outils visant la promotion du livre et de la lecture.
- Un soutien aux personnels de l’école et des bibliothèques pour adapter ensemble des stratégies pédagogiques.
- L’organisation d’un camp littéraire et d’un colloque pour l’ensemble du personnel enseignant.
- L’organisation de concours visant à valoriser et à soutenir des projets d’élèves qui mettent la lecture en avant, ainsi que des actions de communication particulières pour les garçons.
Le fonds documentaire
La gestion
- Une collection équilibrée permet de répondre à 2 motivations principales de l’utilisateur soit d’approfondir des connaissances, de préparer un travail demander en classe, soit d’accéder à une lecture ludique, qui est de l’ordre de la détente et du loisir. Pour parvenir à cet équilibre, certains référentiels[16] conseillent d’attribuer environ 60 % du budget annuel à l’acquisition d’ouvrages documentaires et 40 % aux ouvrages de fictions.
- Toutes les bibliothèques d’écoles secondaires ont suivi les recommandations du ministère de l’éducation et ont adopté la méthode Dewey comme classification. Etant donné que nombre des bibliothèques des écoles primaires fonctionnent grâce à des bénévoles, elles sont moins nombreuses à utiliser ce plan de classement et utilise donc un « plan maison ».
- La société SDM[17] est le partenaire essentiel des bibliothèques au Québec: sa principale mission est de créer et de diffuser des notices bibliographiques et permet au bibliothécaire de récupérer des notices payantes grâce au service TRANSIT (Transmission par Internet de notices SDM pour le traitement documentaire). Cela lui confère un certain gain de temps. Pour répondre au mieux à un objectif pédagogique en ajoutant des éléments aux notices comme la catégorie d’usagers visés, ajoute des indices de valeurs par rapport à la pertinence pédagogique et quelques annotations critiques.
La Société GRICS, une des plus importante entreprise de spécialistes en technologies de l'information dans le domaine de l'éducation en Amérique du Nord : elle a développé le logiciel documentaire Regard[18], utilisé par une majorité des bibliothèques scolaires.
Les éditions québécoises
Nombre d’ouvrages dans les bibliothèques scolaires proviennent des éditons françaises. En effet, relativement au reste du continent, le Québec représente une minorité de francophones. Les éditions québécoises, bien que réellement présentes, produisent moins de titres et offrent moins de choix que leurs cousines outre-atlantique. Mais elles continuent de se développer : il existe un large panel d’édition québécoises qui publie notamment l’ensemble des livres scolaires et à but pédagogique, mais aussi un nombre relativement important de revues et de littérature franco-canadiennes. Remarquons la qualité des ouvrages des éditions La courte Echelle reconnue internationalement, mais aussi les éditions Boréal ou la Bibliothèque Québécoise[19].
Notes et références
- ↑ Provinces et territoires du Canada
- ↑ [http://www.meq.gouv.qc.ca/rens/brochu/histori.htm Histoire du Quebec
- ↑ Collège d'enseignement général et professionnel
- ↑ programme dispensé au Cégep : [1]
- ↑ programme dispensé à l’université de Montréal: [2]
- ↑ Manifeste UNESCO/IFLA de la bibliothèque scolaire: [3]
- ↑ Haykock, Ken, The Crisis in Canada’s School Libraries: The Case for Reform and Re-Investment, Association des éditeurs canadien, juin 2003.
- ↑ http://savoirscdi.cndp.fr/international/Canada/Canada.htm
- ↑ Voir aussi l'article :Rôle de l'enseignant documentaliste
- ↑ Synthèse de l’Enquête sur les technologies de l'information et des communications dans les écoles- Année scolaire 2003-2004 [4] Enquête intégrale [5]
- ↑ Article synthétique des résultats de l’enquête: [6],Résultats d’enquête intégrale 2003-2004: [7]
- ↑ Écoles primaires et secondaires : Rôle, défis et état financier des ressources en établissements et en bibliothèques scolaires au Canada-2001
- ↑ Communiqué diffusé par l’union des écrivaines et écrivains québécois sur l'Urgence d’un investissement au sein des bibliothèques scolaires pour soutenir les habilités d’apprentissage de nos jeunes. 13 avril 2004.
- ↑ Article synthétique des résultats de l’enquête: [8],Résultats d’enquête intégrale 2003-2004: [9]
- ↑ Plan d'action de janvier 2005 par le ministre de l’éducation, Pierre Reid
- ↑ La bibliothèque de l'école: un service éducatif complémentaire essentiel à la réussite, p.13, [10]
- ↑ Services documentaires multimédia
- ↑ Société GRICS (Gestion du réseau informatique des commissions scolaires)
- ↑ Présentation et historique des éditeurs québécois: [11] Présentation des éditions avec les collections pour les jeunes: [12]
Liens externes
Les associations
- Coalition en faveur des bibliothèques scolaires au Québec
- Le portail d’informations sur les bibliothèques scolaires au Canada
- Association professionnelle des techniciennes et des techniciens en documentation au Québec
- Corporation des bibliothécaires professionnels au Québec
- Association pour la promotion des services documentaires scolaires
Mieux connaitre la littérature québécoise
- LURELU
- Le Libraire: littérature québécoise
- L'ILE, le Centre de documentation virtuel sur la littérature québécoise
- Communication-jeunesse
Eléments de comparaison Québec-France
- Développer les compétences informationnelles dans l'enseignement secondaire en France et au Québec (Avec notamment un tableau comparatif de mise en relation de huit modèles du processus de recherche d'information): [13]

