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Centre documentaire en milieu scolaire

Un article de DokuPedia.


Une des missions premières de l'école a toujours été l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Il n'est donc pas étonnant de voir que la bibliothèque a su très tôt y trouver sa place, même si entre l'apparition des premières bibliothèques de classe et les BCD et CDI d'aujourd'hui, leurs missions et l'importance qui leur est accordée n'ont cessé d'être remises en question et d'évoluer.


Sommaire

Le centre documentaire en écoles primaires

Ces bibliothèques d'enseignement sont appellées, dans les écoles maternelles et élémentaires, des BCD ou Bibliothèque Centre de Documentation.

De ce que disent les lois

Comme tout ce qui a trait à l'école, les bibliothèques scolaires sont soumises à des lois et des textes. Ceux-ci sont la traduction des objectifs des politiques scolaires et du ou des rôle(s) assigné(s) au livre dans les apprentissages et la construction de la personne et du savoir.

Il est possible de dégager trois grandes périodes dans la naissance des BCD.


L'origine

Gustave ROULAND (1806-1878) Ministre de l'Instruction Publique et Cultes du 13 Août 1856 au 23 Juin 1863.
Gustave ROULAND (1806-1878) Ministre de l'Instruction Publique et Cultes du 13 Août 1856 au 23 Juin 1863.



Le premier texte faisant référence aux bibliothèques de classe date de 1862, où la loi préconise la présence d'une armoire-bibliothèque dans l'établissement scolaire :



L’arrêté du 1er juin 1862 du ministre de l’Instruction publique et des Cultes relatif à l’organisation de bibliothèques scolaires dans les écoles primaires publiques et au choix des livres de classes précise :


« Art. 1er. Il sera établi dans chaque école primaire publique une bibliothèque scolaire.


Art. 2. Cette bibliothèque sera placée, sous la surveillance de l’instituteur, dans une salle de l’école dont elle est la propriété. Les livres seront rangés dans une armoire bibliothèque. »



Ce texte pourtant précurseur de Gustave Rouland, ne donne ni consignes de fonctionnement ni pistes de synergies à mettre en oeuvre avec les enseignements. Il précise uniquement que cet outil est sous la responsabilité du maître, mais rien dans le texte ne lui donne d'indication sur ce qu'il doit en faire.


La pérennisation et les apports aux textes

Ce n'est que plus de cinquante ans après que l’arrêté du 15 décembre 1915 reprend en écho :

Art. 1. Toute école primaire doit posséder une bibliothèque qui prend le nom de bibliothèque des écoles publiques.

Art. 3. La bibliothèque de l’école est placée sous la surveillance de l’instituteur. Elle est, autant que possible, installée dans une salle spéciale qui est munie d’un mobilier adapté aux besoins des lecteurs.

faisant ainsi obligation aux écoles de posséder une bibliothèque.

La touche finale (et en attendant la prochaine)

Enfin, il faut attendre la circulaire du 1er octobre 1984, cosignée par le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Pierre Chevènement (ministre de l'éducation nationale du 19 juillet 1984 au 20 mars 1986) et celui de la Culture Jack Lang (ministre délégué à la culture puis ministre de la culture et de la communication, de mai 1981 à mars 1986), pour que ce texte fondateur définisse un lieu central de l’école où est réunie une grande variété d’écrits : la Bibliothèque Centre Documentaire.

La BCD est née.

De ce qu'est l'usage

Le coût de fonctionnement des écoles incombe aux municipalités et il arrive hélas que le manque de moyens des communes les plus défavorisées ou pire, le manque d'implication des municipalités, font que malgré les textes de loi, les inégalités demeurent criantes entre les écoles.

Certains groupes scolaires possèdent une salle entièrement dédiée aux livres, avec un personnel compétent, présent à temps plein, un mobilier adapté ainsi qu'un fonds documentaire riche et varié pouvant compter plusieurs milliers d'ouvrages gérés par informatique avec des financements attribués régulièrement par les mairies afin de renouveler, d'enrichir et de développer le fonds.

D'autres, en revanche, doivent se contenter de quelques étagères placées dans des salles inadaptées , avec en tout et pour tout une poignée de romans et d'ouvrages documentaires offerts le plus souvent par les familles des élèves, livres non protégés et présentés sans même un semblant de classification.

Des missions du centre documentaire



Créer des BCD dans les écoles maternelles et élémentaires, c'est permettre le contact quotidien avec des supports d'information variés, actualisés, attrayants, conformes aux centres d'intérêts des enfants, et cela, au moment même de l'apprentissage de la lecture. C'est une expérience capitale qui permet de développer chez l'enfant des capacités de lecteur-chercheur réinvestissables dans tout autre lieu de lecture : à la maison, à la bibliothèque municipale, au CDI du collège lors du passage en sixième.


En 2002, la littérature de jeunesse entre dans les programmes. Le livre est alors perçu sous l'angle littéraire ; non plus comme support de maîtrise des langages, mais comme objet d'étude en soi.

Les enseignants doivent organiser des parcours de lectures, afin d'amener les élèves à se construire une première culture littéraire, à rencontrer une oeuvre, un univers, un personnage, un auteur. Ces travaux se font en classe mais aussi surtout en BCD, car elle permet d'offrir un corpus d'œuvres nombreuses et variées, de proposer des genres et des éditeurs différents. Se construire une culture littéraire et éditoriale, c'est engranger des références et participer à un système de sociabilité autour du livre (discussions, échanges), acquérir des références (on connaît une collection, un auteur...) Seule la BCD est suffisamment riche pour offrir ces possibilités.

Les BCD deviennent lieux d'échanges et de socialisation, lorsque les élèves des grandes classes proposent aux plus petits un "moment du conte", leur faisant la lecture d'une oeuvre choisie par eux. Elle deviennent également des lieux de formation, non pas concurrents mais complémentaires de la classe, où l'enfant apprend à être un chercheur autonome, à varier ses lectures en fonction de son projet personnel (lire pour se détendre, lire pour s'informer, lire un texte en entier, lire en survol,...) et surtout prend conscience qu'il n'y a pas qu'un seul type de lecture, un seul type d'écrit.


Enfin, l'émergence des nouvelles technologies a poussé le ministère de l'éducation nationale à les prendre en compte dans les enseignements. Avec le passage obligatoire du B2i par les élèves de Cycle 3, la notion de recherche documentaire informatique entre dans le champs des compétences que l'école doit apporter aux élèves.

En effet, suivant la directive, les élèves doivent être capables de "Chercher, se documenter au moyen d'un produit multimédia (cédérom, dévédérom, site internet, base de données de la BCD ou du CDI)", capables également de :

  • mettre en œuvre une consultation raisonnée du support d'information (en présence du maître pour internet) et conduire une recherche selon les modalités les plus adaptées (arborescence, lien hypertexte, moteur de recherche, l'utilisation des connecteurs logiques ET, OU, etc. n'est pas exigée) ; exploiter l'information recueillie (par copie et collage ou par impression),
  • comparer, pour choisir à bon escient, l'intérêt d'une consultation sur supports numériques ou sur d'autres supports (encyclopédies écrites, dictionnaires, ouvrages documentaires, annuaires...),
  • faire preuve d'esprit critique face aux documents, en recherchant quelques critères propres à évaluer leur validité : auteur, source, date de création et de modification.

Autant de compétences qui sont du domaine des centres documentaires, tel les BCD.

Des défis à relever

Malheureusement, à l'heure où les BCD entrent dans les programmes, les personnels en place pour les gérer quittent les structures scolaires. Malgré la présence systématique désormais d'une salle de BCD dans chaque nouvelle école construite, aucun personnel permanent n'y est mis en poste. La gestion de ces structures est le fait du bénévolat ou de contrats précaires jamais renouvelés.

Ainsi, les emplois-jeunes, qui pendant leur contrat de 5 ans dynamisaient, organisaient, géraient les BCD, ne sont plus remplacés. Les BCD lieux d'apprentissages deviennent alors des salles beaucoup moins fréquentées car, faute d'un référent compétent, les enseignants ne peuvent plus y envoyer leurs élèves par petits groupes. Le "passage" à la BCD tend à se faire par classe entière se limitant alors au simple prêt ou échange de livre.

Aussi, un projet pédagogique de l'ampleur des BCD ne pourra se développer et obtenir la pérennité qu'il mérite que si les responsables le libèrent des contraintes d'un bénévolat peu, voire pas compétent, et décident enfin de lui offrir de vrais spécialistes, comme cela a été fait dans les CDI avec la création des postes de Professeurs documentalistes

Image:Finger2.gifvoir l'article Rôle de l'enseignant documentaliste pour plus de détails.

Le centre documentaire dans le secondaire

Ces bibliothèques d'enseignement sont appelées, dans les collèges et lycées, des CDI ou Centre de Documentation et d'Information.


Cette structure particulière, très différente des BCD, pourra être décrite par une personne ayant travaillé dans ce domaine

Liens et sources

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