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Classification décimale Dewey et universelle

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D’après la définition du Dictionnaire en ligne du Trésor de la Langue Française, les mots Classement et Classification ont une signification différente. Alors que le classement est un rangement dans des catégories distinctes selon des critères définis, la classification est une opération visant à répartir systématiquement en classes des notions ayant des caractères communs afin d’en faciliter l’étude. Sous-entendu, la différence réside dans le caractère plus philosophique de la classification. Celle-ci se verra être le fruit d’une opération de l’esprit mise à disposition des besoins humains, et le classement sera le mise à disposition physique des livres dans l’ordre prédéfini. Dans les deux cas, il y a une hiérarchisation des catégories.

Toute classification a des inconvénients. En fonction de l’évolution d’un thème, une des divisions se développera plus qu’une autre ou s’entrecroisera avec une autre. C’est pour cela qu’une Classification Décimale, d’abord celle de Dewey puis celle de Otlet et La Fontaine, va être d’un grand secours à l’organisation des produits littéraires, et par la suite audio, vidéo.

Toutefois un problème persiste, l’arbitrage. Malgré l’effort de neutralité des classifications établies, on remarque des carences dans certaines divisions, ou la prédominance de certaines idéologies dans d’autres. Ce sont souvent les reflets d’une civilisation, et de son idéologie. Par exemple, la classification décimale de Dewey et la CD Universelle, reflètent les civilisations occidentales et le capitalisme, alors que la Classification Indienne de Ranganathan est plus emprunt du mysticisme de la civilisation indienne. Idem avec la Classification Soviétique BBK qui démontre un caractère un peu marxiste.

Quant à la mise en forme de ces classifications, on voit apparaître différents symboles qui correspondent à une notion ou un sujet, on les appelle indices. Universellement connus, et dans un soucis de cohérence et de souplesse pour l’introduction claire de nouveaux sujets, ils se déclinent sous forme:

Sommaire

La Classification Décimale Dewey

Historique

La première ébauche de classification décimale est apparue anonymement dans la revue professionnelle Library Journal, en 1876. C’est seulement vingt ans après que Melvil Dewey (1851-1931) la fait paraître sous son nom par la Forest Press Foundation. Cet homme soucieux de simplification et de normalisation, fondateur de la première école de Bibliothéconomie, verra douze éditions de sa classification et l’impression par la Library of Congress de ses cotes sur les fiches de catalogage en 1930 juste avant sa mort.

Toujours dans un soucis de simplification à l’extrême et d’aide à la compréhension pour les hommes, la CDD va être modifiée par Dewey lui-même puis sera améliorée à partir de 1937 par le Decimal Class Editorial Policy, le comité rédactionnel de la classification. Dans les années 50, le comité rédactionnel et la Library of Congress (la bibliothèque nationale américaine) mettront en place la 16e édition de la Dewey.

C’est en 1988, avec le changement d’éditeur que la classification va se développer sur le plan mondial, sous le nom de Online Computer Library Center (OCLC).

Mais en 1971, Geneviève Guillien, de la Bibliothèque de Lyon, avait déjà commencé une traduction en français de la 18e édition de la CDD avec l’aide d’un collègue canadien. Et en 1989, la 20e édition fut présentée au Congrès National de l’IFLA, à Paris.

Quatre ans après, apparaîtra la première édition sur support électronique, et en 1996 la 21e et dernière édition à ce jour sera publiée à la fois sur support papier et à la fois sur support électronique.

Plus d’un siècle après la première édition, la Classification Décimale de Dewey est aujourd’hui disponible dans plus de 130 pays, grâce à une publication papier, électronique, et depuis 2000 grâce à une diffusion sur le Web.

Fonctionnement

Schéma d’origine

Se basant sur le schéma de William Torrey Harris, Melvil Dewey a établi sa classification sur 10 classes qui correspondaient aux Généralités et aux disciplines fondamentales du 19e siècle. Dans chacune des classes, il y a 10 divisions qui sont elles-mêmes divisées en 10.

000 Généralités
100 Philosophie
200 Religion
300 Sciences Sociales
400 Langues
500 Sciences Pures
600 Technique
700 Arts
800 Littérature
900 Géographie et Histoire Générales

Avec la multiplication des ouvrages et des thèmes, des 1000 indices principaux de 3 chiffres de 1876, nous allons passer dès 1885 à un nombre sept fois plus important. Puis en 1996, à la publication de la 21eme édition, pour compléter les 20.000 indices sont ajoutées des tables auxiliaires.

Détail des classes de la CDD: Chercher pour trouver


Les Sept Tables Auxiliaires :

Les Tables Auxiliaires ont été crées pour palier au manque de précision des Indices Principaux. Elles ne sont jamais utilisées seules, et elles sont toujours précédées d’un tiret, sauf lors de l’établissement d’un indice.

  1. Subdivision Commune( sur le format de l’ouvrage, son approche, son étude)
  2. Notation Géographique
  3. Subdivision de Langues ( dictionnaire, grammaire, linguistique..)
  4. Notation de Littérature ( pour préciser nature du document, poésie, roman etc..)
  5. Notation pour les Groupes Raciaux, Ethnique, Nationaux
  6. Notation des Langues, Littérature, Arts (ex : Espagnol, Romantisme, Expressionnisme)
  7. Notation des Personnes ( ex : enfants, adolescent, adultes)

Notations

  • Les Indices ne peuvent être inférieurs à trois chiffres.
538 : Magnétisme
5 : Sciences Pures
53 : Physique
538 : Magnétisme
  • Le « 0 » a valeur de généralité.
500 : Généralité sur les Sciences Pures
530 : Généralité sur la Physique
  • Un indice de plus de trois chiffres sera séparé par un point après le troisième chiffre.
538.2 : Aimant et induction magnétique
  • Un indice de plus de six chiffres sera séparé d’un espace après le sixième chiffre.
944.081 6 : Histoire de France de 1939 à 1945

La Classification Décimale Universelle

Historique

Animés par un désir de rapprochement des peuples, et imprégnés de l'esprit encyclopédique, deux avocats belges, dans les années 1890, Paul Otlet et Henri La Fontaine vont avoir pour but d'établir en dehors de toute influence officielle, universitaire, académique ou autre, un classement de l'ensemble de la production de l'esprit humain du monde entier, et de tous les formats (livres, rapports, brevets, etc).

A l'aube de l'apparition de la Classification Décimale Dewey en Europe, les deux juristes obtiennent de Melvil Dewey l'autorisation d'adapter la CDD, en 1895. C'est ainsi que l'Institut International de Bibliographie va voir le jour à Bruxelles.

Et c'est donc en associant l'esprit encyclopédique existant et l'esprit de spécialisation grandissant, que la Classification Décimale Universelle va naître en langue française au cours des années 1899 à 1905.

Mais attention, comme pour la CDD, la Classification Décimale Universelle nécessite des révisions constantes. Elles sont assurées par la Fédération Internationale de Documentation. Depuis la première édition en 1905, il y eut des éditions abrégées, et en 2001 paraissait la 7eme édition.

Fonctionnement

Le fonctionnement de la CDU est sensiblement identique à celui de la CDD, c'est-à-dire qu'il est établi selon une logique et une systématisation de notions. Ces notions sont ainsi réparties de façon arbitraire dans différentes classes, mais elles sont obligatoirement liées entre elles.

Les connaissances humaines se divisent donc en 10 grandes classes qui se succèdent en allant du général au particulier. Dans un souci de limitation, ces grandes classes sont à leur tour divisées décimalement jusqu'au degré nécessaire (en général de 1 à 89).

Pour permettre une recherche, ou un affinement du sujet, on peut préciser une table grâce aux Tables Auxiliaires et aux signes d'agrégation, d'extension et de relation.

Tables Principales

Classe 0 Généralités
Classe 1 Philosophie. Psychologie
Classe 2 Religion. Théologie
Classe 3 Sciences Sociales
Classe 4 provisoirement inoccupée(anciennement la Linguistique)
Classe 5 Sciences Exactes et Naturelles
Classe 6 Sciences Appliquées. Médecine. Technologie
Classe 7 Arts. Divertissement. Sports
Classe 8 Linguistique. Philologie. Littérature.
Classe 9 Archéologie. Géographie. Biographies. Histoire


Tables Auxiliaires

  • Lieu : symbolisé par (...)
78(438)-> musique de Pologne


  • Temps : symbolisé par "..."
82"18"-> littérature au 19e siècle


  • Forme : symbolisée par (0...)
51(075)-> manuel de mathématique


  • Langue : symbolisée par =
78=30-> ouvrage de musique écrit en allemand


  • Peuple : symbolisé par (=...)
(=20)-> anglo-saxon


  • Personne : symbolisée par -05
-053.2-> Pour l'enfant


  • Point de vue : symbolisé par .00
.003-> point de vue économique et financier


  • Signe d'Addition : symbolisé par +
33(44+460)-> l'économie en France et en Espagne


  • Signe d'Extension : symbolisé par /
Document qui englobe des notions dans un indice principal
72/74 englobe 72,73,74


  • Signe de Mise en relation : symbolisé par :
relation générale entre deux notions
7:17-> l'art par rapport à la morale

Notation

  • Les indices de la classification décimale universelle, sont introduit par un 0 ou un - , placés en début de classe, le 0 étant omis pour plus de commodité et le - placé dans la marge.


  • Tous les 3 chiffres, nous plaçons un point de lisibilité.
321.15 -> démocratie antique


  • Les indices se succèdent de façon prédéfinie et arbitraire.
Indice Principal-> Division Analytique-> Point de Vue-> Lieu-> Forme-> Langue

Etudes des deux systèmes

Les limites

  • Les deux systèmes étant des classifications arbitraires, le premier problème que nous allons nous poser, sera celui de la place de certains sujets par rapport à d'autres. Dans des classifications qui sont censées refléter le monde actuel, on trouve des carences dans des domaines qui se développent de plus en plus.
Par exemple, les techniques informatiques, lors de l'établissement de la CDD et de la CDU il y a un siècle, étaient inexistantes. Aujourd'hui, avec le progrès, ce sujet fait partie intégrante des connaissances de base de tout être humain.
Il va donc être important de surveiller l'évolution des connaissances et de la culture et de faire certaines modifications pour que le système reflète exactement la société d'aujourd'hui.
Or un changement trop important de l'organisation des systèmes de classification pourrait amener à des incohérences. Les rédacteurs de la classification doivent donc être vigilants quant aux changements qu'ils effectuent.
Par exemple, si la classe 3 de la CDU devenait Sport, il faudrait remanier la classe 7 qui serait amputée de la division du sport, ensuite il faudrait replacer les Sciences Sociales. Les modifications effectuées seraient alors considérables et reviendraient presque à établir un troisième système de classification.


  • Mais le plus gros problème surviendrait dans les bibliothèques qui appliquent le système. Celles-ci seraient dans l'obligation de recoter l'intégralité de leurs fonds documentaires', chose très contraignante dans une bibliothèque qui est en constante acquisition de documents.


  • Les rédacteurs chargés des modifications de la CDD et de la CDU l'ont bien compris, c'est pourquoi ils ont créé les Subdivisions Communes et les Tables Auxiliaires.
Mais cela entraîne aussi un problème, celui de la cotation trop longue, qui engendre des erreurs de cotation, de classification, d'indexation, et ensuite de rangement.


  • On voit donc que malgré de gros avantages dus à une clarté du système numérique et à une rapidité de recherche, la Classification Décimale a encore des progrès à faire. Ses rédacteurs trouveront-ils une solution miracle à un accroissement des connaissances grâce aux techniques informatiques?

Comment un documentaliste utilise-t-il la Classification?

Les deux systèmes de classification ne sont pas forcément utilisés de la même façon, la CDU tendant à s'éteindre face à l'internationalisation de la CDD grâce à Internet.

Dans quelles circonstances se sert-on de la classification?

L'utilisation de la Classification Décimale est surtout exploitée dans de grosses bibliothèques, soit universitaires, soit nationales, les médiathèques. Les bibliothèques municipales ou de petites envergures, utilisent souvent l'Abrégé de la CDD, ou même font leur propre classification en s'appuyant sur la base de la Dewey.

  • Les BU axent souvent leurs documents sur la spécialité de l'université, afin d'offrir un maximum d'ouvrages sur le sujet des études dispensées. Elles vont utiliser une partie de la Dewey pour préciser le sujet d'un livre, pour en montrer les différentes facettes (économiques, culturelles, etc..), en gros pour affiner les recherches très spécifiques des étudiants. Et c'est grâce aux index qu'ils retrouveront avec facilité un thème dans des livres qui à première vue ne présentaient aucun intérêt par rapport au sujet de départ.
  • Les BN, elles, ont un fonds documentaire important, l'indexation est donc primordiale pour retrouver un ouvrage. La classification est donc là pour clarifier la masse documentaire, et permettre un accès libre des lecteurs au moyen d'index, comme les serveurs de la BNF.
  • Les plus petites bibliothèques vont donc avec facilité utiliser l'abrégé de la CDD, qui correspond au cotes de la version complète de la CDD.


Quels sont les outils pour établir une Classification?

  • Les premières classifications ont été établies par les documentalistes de façon manuelle. C'est-à-dire qu'ils établissaient eux même les cotes Dewey grâce aux résumés des auteurs, et aux notices nationales et internationales. Le travail était donc arbitraire, et les erreurs pouvaient survenir rapidement si le documentaliste ne maîtrisait pas totalement les différentes classes, subdivisions, et tables auxiliaires.
  • Aujourd'hui encore ces méthodes sont les plus utilisées. Les moyens de coter un document étant différents d'une bibliothèque à une autre, on ne peut pas appliquer réellement de classification automatique.
  • Toutefois l'OCLC a mis en place avec la mise en ligne de la CDD, la Webdewey, un tutoriel permettant d'établir certaines cotes Dewey grâce à un logiciel que l'on peut télécharger gratuitement, Dewey Cutter Program. Mais ce programme est en anglais. Il est donc difficile de pouvoir l'appliquer à une classification d'ouvrages en français.
  • La Library of Congress a elle aussi mis en place la ClassWeb et le Cataloger's Desktop. Ils permettent, grâce à des mots clés, de retrouver des ouvrages déjà côtés. Mais là encore, le tutoriel est en anglais et il faut s'inscrire pour pouvoir bénéficier de la version complète.

Liens et Sources

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