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Cotation
Un article de DokuPedia.
Une cote sert à indiquer la place du document dans l'espace documentaire. Elle peut être arbitraire (constituée par un numéro d'ordre d'arrivée dans le fonds documentaire) si l'accès aux documents n'est pas libre. Elle peut être aussi significative si l'on veut un accès direct aux documents sans passer par les catalogues (ou les fichiers informatiques). Dans ce cas là, on utilise une classification dont les indices sont censés refléter le contenu des documents. Par conséquent, on obtient ainsi une organisation des documents sur les rayons, traduisant l'organisation des connaissances de la classification.
Une cote est une adresse
La recherche à partir d'une base de données documentaires conduit à sélectionner les documents selon les sujets et les thèmes de notre recherche. On trouve également les ouvrages de fictions selon des critères objectifs : nom de l'auteur, titre de l'oeuvre, date d'édition, sujet ou genre de roman. Ensuite, il faut pouvoir localiser l'ouvrage en question dans les rayonnages. La cote ne sert qu'à le localiser. La cote correspond à l'adresse précise du document dans la biblliothèque.
Si le centre de documentation est en accès indirect avec un magasin, rien ne nous empêche de donner comme cote, comme adresse, le numéro d'arrivée ou de classer les documents par taille ou même par couleur et de donner comme cote le numéro de l'étagère où il est rangé.
Lorsque le centre de documentation est en accès libre, il se produit un autre processus de recherche : le lecteur va, au fil des rayonnages, chercher le document dont il a besoin. Pour l'aider dans sa démarche, on peut alors organiser le fonds documentaire selon une classification thématique et ranger ensemble les ouvrages traitant du même sujet.
Une cote n'est pas une indexation
La limite à ce classement par thèmes, c'est la complexité même des documents : rares sont les ouvrages ne traitant que d'un seul et unique sujet. En outre, un même sujet est souvent décliné selon divers points de vue dans le même document. A contrario, on aura parfois tendance à vouloir classer ensemble des documents de sujets proches mais traités sous l'angle de disciplines scientifiques différentes par exemple la télévision qui peut être traitée sous son aspect sociologique ou artistique. Donc, la cotation n'est pas synonyme d'indexation : on ne peut pas réduire le contenu intellectuel d'un document à un seul indice.
Une cote est un ensemble d'éléments
La cote est donc constituée d'un indice et d'une initiale. Par exemple
- R N 599 840.3
- HUG POE DES DIC
L'indice est un code normalisé qui donne une indication sur le contenu d'un document. L'initiale est constituée des trois ou quatre premières lettres du nom de l'auteur ou du titre de l'ouvrage s'il est anonyme. Certains font le choix d'indiquer en troisième ligne, l'initiale du titre du roman. Ce choix se justifie lorsque pour un même auteur, on possède un grand nombre de titres. Cela peut permettre de classer de façon plus fine les rayonnages. Il faut cependant réaliser que ce classement complémentaire peut désorienter les élèves qui y verront une difficulté plus grande pour replacer les ouvrages qu'ils auraient sortis des rayonnages.
- R N R
- HUG POE FLA
- m h b
Pour "Les misérables" de Victor Hugo ou "Histoires extraordinaires" de Edgar Poe ou "Madame Bovary" de Gustave Flaubert.
Elaboration de la cote
La phase préalable à la cotation est l'analyse du document. Elle doit permettre d'établir précisément le sujet du livre grâce aux zones contenant l'information : page de titre, table des matières, 4ème de couverture, préface, introduction. Il faut se méfier du titre souvent trompeur ou ambigu. L'essentiel lorsqu'on utilise une classification c'est de déterminer le point de vue, l'angle disciplinaire selon lequel est traité le sujet. Soit un document sur l'économie du Japon : il doit être classé en économie (330) bien qu'on puisse dire que le sujet c'est aussi le Japon. Il faut aussi bien distinguer la forme du contenu. Soit un dictionnaire d'économie. Le sujet, ce n'est pas le dictionnaire mais l'économie, donc le document se classe à 330 et on précise éventuellement la notion de dictionnaire grâce à un indice auxiliaire que l'on combine au principal.
Conseils pour la fabrication matérielle de la cote
L'essentiel pour une cote, c'est d'être lisible, de figurer autant que l'épaissuer de celle-ci le permette sur le dos du livre, d'être apposée horizontalement ou verticalement, d'être indécollable (recouvrir de filmolux). On doit utiliser une titreuse électronique qui permet un travail soigné à l'écriture indélébile. Si on "filmoluxe le livre, il faut coller l'étiquette portant la cote après, sinon on peut rencontrer des problèmes lors d'un changement de cote.
Cas des documents complexes (contenant plusieurs sujets)
On choisit celui qui a le plus d'importance. Si le sujet est de niveau égal, on choisit le premier qui apparaît dans la table ou celui qui correspond à la discipline de l'enseignant qui l'a fait acheter. Si les sujets sont voisins, on choisit celui qui les engloble tous. Si le sujet est envisagé sous plusieurs aspects (type que sais-je), il faut choisir l'aspect prioritaire par rapport à la catégorie de lecteur susceptible d'être plus intéressé par l'ouvrage. Dans certains cas, la table prévoit un indice pour regrouper les travaux interdisciplinaires sur certains sujets.
Combien de chiffres pour l'indice ?
Dire que par souci de simplification, on ne garde que 3 ou 4 chiffres serait idiot. Cela est en fonction du nombre de documents que l'on a dans chaque subdivision. Si le fonds d'histoire de France est très riche, on sera amené à utiliser 7 chiffres pour distinguer correctement les périodes du 20ème siècle. Une cote n'est jamais figée. Elle doit évoluer en fonction de l'augmentation des fonds dans certaines rubriques. Il ne faut pas hésiter à recoter des documents : cela est indispensable lorsque la classification évolue mais aussi lorsqu'on s'aperçoit d'erreurs ou d'incohérence, ou lorsque la cote n'est plus assez précise pour distinguer un lot de document d'un autre lot à sujet voisin.
Les outils pour coter
Les ouvrages documentaires sont regroupés par sujet. Ils sont rangés selon des classes puis des sous classes (de la plus générale à la plus précise). Pour retrouver un ouvrage dans un centre de documentation, on utilise :
La Classification de Dewey
- Origines
Cette classification a été inventée par Melvil Dewey. Né en 1851 dans l'Etat de New York, il devient bibliothécaire dans une université et à 25 ans (en 1876), il invente la classification qui porte son nom : la classification Dewey. Son idée était de classer le savoir. La classification de Dewey est désormais utilisée dans les bibliothèques, les centres de ressources du monde entier, elle répartit les connaissances humaines en 10 classes, lesquelles se subdivisent en 10 sous-classes etc... Elle a été plusieurs fois revue pour tenir compte de l'évolution du monde et du développement des connaissances. 000 Généralités Les encyclopédies
100 Philosophie Philosophie, psychologie
200 Religion La bible, l'islam, la mythologie, le boudhisme
300 Sciences sociales La justice, le droit, l'économie
400 Langage Dictionnaire des noms communs, de langues
500 Sciences de la nature Mathématiques,physique,botanique, zoologie
600 Techniques Les inventions, la médecine, l'agriculture
700 Arts La peinture, musique, photographie
800 Littérature L'histoire de la littérature, poésie, théâtre
900 Géographie/histoire Les Atlas, le Moyen-Age, les guerres mondiales
- Exemples de cotes de livre:
- Techniques de l'expression écrite et orale écrit par Denis Baril et Jean Guillet
- 808.044: indice de classification Dewey
- BAR : trois premières lettres du nom de l'auteur ou du premier auteur
- 252 : chiffre d'auteur
- t : première lettre du titre de document
- Vaillant, Maryse. Quand les violences vous touchent. De la Martinière, 2004
- 155.5 : Psychologie des adolescents
- 155.51 : Généralités
- VAI : 3 premières lettres du nom de l'auteur
Les ouvrages sont classés par ordre alpha-numérique. Ils sont d'abord rangés en fonction de l'indice puis en fonction des trois premières lettres du nom de l'auteur.
- Autres exemples:
- 791.43 cinéma
- 791.430 9 Histoire au cinéma
- 791.430 944 Histoire du cinéman français (4 = Europe, 44 = France)
La Classification décimale universelle
- Origines
Dans les années 1890, deux juristes belges, Paul Otlet et Henri La Fontaine conçoivent le projet d'établir sur fiches une bibliographie mondiale de tout le savoir humain, non seulement consigné sous forme de livre mais également d'articles, de brevets et de rapports. La réalisation de ce projet impliquait une classification d'une grande précision. Les deux chercheurs portent leur choix sur la classification décimale de Dewey que l'Europe venait de découvrir. En 1895, ils obtiennent de Dewey l'autorisation d'adapter, de traduire et plus tard de développer la classification, ils élaborent la Classification Décimale Universelle (CDU) en 1905. Celle-ci est adoptée par le monde entier, spécialement pour les domaines scientifiques et techniques.
0 Généralités
1 Philosophie, psychologie
2 Religion, théologie
3 Sciences sociales
4 classe non occupée
5 sciences exactes et naturelles
6 Sciences appliquées, médecine, technologie
7 arts, divertissements, sports
8 linguistique, philologie, littérature
9 archéologie, géographie, biographies, géologie, histoire
La Marguerite
C'est un système qui attribue une couleur à chaque grande classe de la Dewey pour faciliter le repérage et le rangement des documents. Il est le plus souvent utilisé dans le premier degré. Dans le logiciel BCDI3 école, il est accessible dans Outil - Paramétrage.
L'utilisation de la marguerite
Dans BCDI3 école, les cotes sont doublées par une couleur indiquée sur la fiche. L'élève pourra alors se diriger vers un tableau ou un plan de la BCD qui indiquera la position des livres selon la couleur. On pourra même imaginer une signalétique colorée sur les étagères. L'éditeur Cédis édite un outil pour se repérer avec les différentes couleurs : le Toucan
Cas d'utilisation dans un CDI
Si les élèves viennent d'une école où la marguerite était utilisée, il peut être utile de réutiliser le système au collège de façon à assurer une continuité pédagogique.
Choisir son outil : Dewey ou CDU
De façon générale, la Dewey est particulièrement adaptée pour les bibliothèques en accès libre car son système de classement est plus simple, elle est en outre plus régulièrement mise à jour que la CDU. Effectivement, la CDU permet de traduire des finesses dans la cote mais on est souvent obligé d'écourter les indices pour le classement, d'où quel intérêt ? La CDU a été imaginée pour être universelle et pour la documentation, mais à l'heure des thésauri et de l'interrogation en langage naturel, on n'en a plus besoin, il vaut donc mieux adopter une classification réellement conçue pour le rangement en rayon donc la Dewey. Dans les années 80, l'ancienne direction des bibliothèques et de lecture publique pour les bibliothèques centrales de prêts et les bibliothèques municipales a recommandé la Dewey. En 1988, un texte officiel en recommande la Dewey en bibliothèque universitaire. La bibliothèque de France a choisi également la Dewey.
Comment coter un fonds : les règles d'or
On cote un fonds
Doit-on ou non recoter un fonds
Parfois, on se trouve dans une situation un peu compliquée : -Soit plusieurs personnes se sont succédées dans le centre de documentation, leur cotation n'a pas été homogène et le fonds s'est dispersé; -Soit l'outil choisi pour créer les indices n'est pas adapté à la situation et une refonte complète semble nécessaire. En effet se lancer dans un travail de recotation est lourd et nécessite à la fois du temps et de l'espace donc l'absence de public. Du temps d'abord pour penser la façon de procéder, pour effectuer les choix du système classificatoire, les choix de la cote et pour les "tester" sur le fonds. De l'espace ensuite pour pouvoir manipuler les piles de livres, les réorganiser et les replacer dans les rayonnages, car modifier une cotation implique nécessairement un réaménagement physique du fonds.
Selon les supports ou non
C(édérom), V(idéo), S(onore), BD ou selon le domaine concerné : Par exemple une vidéo traitant des baleines sera cotée avec la Dewey en V599 ou en 599. Ce choix dépendra de la façon dont est organisé le fonds : soit il a été choisi d'intégrer tous les supports dans les mêmes étagères, soit les supports sont séparés.
Séparation ou non de la littérature française et étrangère du reste du fonds
Selon le choix pédagogique, on peut préférer ranger la fiction à part et laisser dans le rayon des documentaires les ouvrages traitant de fiction. On aura ainsi une cote en :
| R | C | N | T |
| Roman | Conte | Nouvelle | Théâtre |
et en classe 84, les ouvrages d'analyse, traitant des romans, de contes ou de nouvelles (en langue française). Pour la poésie, on ajoutera alors la notation -1; théâtre -2; fiction -3; essai -4; discours -5; correspondance -6; divers -8.
Un choix intermédiaire est de coter avec R C N T et de tout ranger dans les mêmes rayonnages en classant par l'initiale de l'auteur ou du titre. De cette manière, on conservera les ouvrages d'un même auteur dans un même rayonnage que ce soit des romans ou des pièces de théâtre. On peut faire le choix inverse et tout classer en classe 8 et indiquer en cote, en premier lieu les "nationalités" puis les notations des tables auxiliaires de littérature.
- 82 : Littérature de langue anglaise; 84 : Littérature française; 896 : Littérature africaine
On cote pour un public
Des cotes longues pour qui ?
On cote pour son public, il faut donc adapter sa pratique. Une cote longue peut effectivement être juste sur le plan théorique mais totalement impraticable pour un élève. De façon générale, il vaut mieux éviter d'excéder 3 ou 4 chiffres au collège. Avec un fonds de lycée, en cas d'existence d'un fonds spécialisée, on peut aller au-delà, mais il faut veiller à ne pas trpo disperser le fonds entre des cotes trop nombreuses. Pour le cas du rayon histoire où on se trouve dans une configuration de cote longue, il est possible de panacher des cotes courtes et une signalétique indiquant la période sur la tranche des étagères. Ainsi, les élèves pourrons chercher en histoire selon la période (préhistoire, moyen-âge, rennaissance...).
On cote selon un projet pédagogique particulier
Quand ouvrir une cote ?
A l'occasion d'un projet pédagogique, l'établissement scolaire peut devoir acquérir un grand nombre d'ouvrages sur une thématique particulière. A ce moment, la diversité et la quantité des ouvrages peut justifier l'ouverture d'une cote plus détaillée.
Sépare-t-on les romans policiers (par exemple) des autres romans ?
Cette question se pose pour les genres littéraires comme le roman policier ou la science fiction. Elle se pose également pour les biographies ou les pièces de théâtre. La réponse se trouvera dans l'intention du responsable du centre de documentation et dans la quantité d'ouvrages concernés.
Les questions qu'on se pose souvent : comment choisir l'initiale ?
Anonyme et collectifs
Selon la norme de description bibliographique, un ouvrage est anonyme par excès d'auteurs dès qu'il y a plus de quatre auteurs. Avec BCDI, on "anonyme" l'ouvrage quand il y a plus de trois auteurs. On se retrouve dans la même situation qu'avec un ouvrage qui n'a pas d'auteurs du tout. Et dans ce cas, on indique en initiale le début du titre de l'ouvrage en supprimant les articles définis et en traduisant les chiffres en lettres.
Les noms d'auteurs courts
Si le nom de l'auteur ne comporte que deux lettres, on prend les deux lettres et puis c'est tout.
Conclusion
Penser le CDI en terme d'organisation générale des fonds documentaire. Si l'existence de fonds séparés paraît incontournable, éviter cependant la multiplication des systèmes de cotation.
La cotation doit être cohérente : deux documents traitant du même sujet à l'intérieur d'une même discipline doivent avoir le même indice.
La cotation doit être évolutive et suivre la fluctuation des fonds et les transformations de la classification elle-même.
Liens et Sources
voir le site savoirscdi : http://savoirscdi.cndp.fr/fonds/TraitementDoc/cotation.htm#outils1

