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Documentaliste dans l'enseignement
Un article de DokuPedia.
Depuis des années, le milieu scolaire cherche de plus en plus à s'ouvrir sur l'environnement dans lequel il se situe. L'un des buts est d'intégrer un objectif pédagogique à la réalité sociale.
Le modèle classique de la transmission des savoirs qui privilégie la relation entre l'enseignant et le savoir et qui renvoie l'élève au second plan a été remis en cause suscitant la naissance de nouvelles conceptions de didactiques pédagogiques. Les nouvelles théories essaient de restaurer un équilibre entre l'élève, le professeur et le savoir. Ce concept repose sur le fait que l'intégration d'un nouveau savoir, l'acquisition de nouvelles connaissances, mettent en jeu une aptitude à apprendre qui se construit dès le plus jeune âge. Ces acquisitions intellectuelles touchent à toutes les disciplines et font appel à un intervenant qui va apprendre à l'élève à gérer les informations et à leur donner un sens. C'est le rôle de l'enseignant documentaliste que d'expliciter ces stratégies et de les inculquer à l'élève.
Dès lors, il faut nous demander quelle est la place réelle du documentaliste. Quel est son rôle? Est-il un enseignant? un formateur?
Ou le détenteur d'une source de savoirs ?
Nous allons tenter de répondre à ces questions en abordant d'une part la formation des enseignants documentalistes, ensuite nous verrons les particularités du documentalistes, enfin nous terminerons avec le quotidien du documentaliste.
Sommaire |
Formation des enseignants documentalistes
Expérience professionnelle antérieure
Malgré le recrutement direct de documentaliste certifié depuis la création du CAPES en 1990 après deux années d’étude en IUFM, les documentalistes ont pour leur très grande majorité, une expérience professionnelle antérieure. Soit à l’intérieur de l’éducation nationale soit à l’extérieur. Cette particularité se rencontre plus rarement chez les autres enseignants de toutes disciplines, qui suivent généralement les rails de la formation initiale dans le secondaire et le supérieur, jusqu’à l’obtention d’un diplôme et le passage d’un concours. Un grand nombre de documentalistes ont été enseignants dans une discipline majoritairement littéraire ou bien instituteurs. D’autres ont des parcours plus chaotique , allant de l’ancien pigiste au délégué commercial. Venus d’horizon différent, ils pourraient sans doute mieux exploiter cette richesse potentielle en faisant bénéficier leurs collègues de pratiques un peu différentes. Quelles sont les motivations de ceux qui choisissent la voie du CAPES de documentation, après avoir tâté de l’enseignement ? Le métier de documentaliste offre des garanties identiques d’emploi et de statut ainsi que la possibilité de satisfaire un intérêt intellectuel sans les contraintes du face à face pédagogique. Quand à ceux qui sont passés par l’administration , la fonction publique de l’état ou territoriale, ils sont marqués par une conception plus gestionnaire de l’action culturelle, mais essayent de donner à leur discipline un champ de gravité différent. L’orientation vers le métier de documentaliste fut longtemps dû au hasard et ne reposait sur aucun projet professionnel défini. Depuis quelques années, ceci est entrain de changer. Cette motivation nouvelle découle des nouveaux outils de travail que sont les nouvelles technologies. Ils permettent de simplifier les tâches premières comme le catalogage ou l’indexation, et de se concentrer sur les tâches de production intellectuelle plus stimulante comme la synthèse, le dossier de documents, la bibliographie… qui valorisent le documentaliste dans son établissement.
Diplômes
La formation du professeur de documentation permet-elle d’apporter la garantie d’une compétence professionnelle spécifique ? Trois ans après l’instauration du CAPES et l’ouverture des IUFM, l’analyse des situations faite par Hubert Fondin (auteur de Rechercher et traiter) révèle une absence réelle de plan de formation , tant au niveau du contenu qu’au niveau de l’enseignement. Pour lui, la préparation au concours, sous couvert de pédagogie, s’illustre, par une pauvreté théorique que jamais la pratique ne peut compenser. Elle tend plus à aboutir à une reproduction des tâches qu’à développer une conception globale ou une mise à distance de la fonction même de professeur de documentation. Elle privilégie la technique au détriment de la réflexion théorique et scientifique. Si le CAPES par sa création marque la reconnaissance du rôle du documentaliste, il n’a pas été pour autant la consécration d’une discipline. Dix ans après sa mise en œuvre, et compte tenu de l’évolution du métier liée à l’avancée des nouvelles technologies il a fallu réadapter ce certificat en 2001. Les candidats, en référence au programme du concours externe, doivent avoir une bonne connaissance du système éducatif, des connaissances générales en sciences de l’information, de la communication et de la documentation, connaître les techniques de traitement documentaire ainsi que les méthodes de recherche et d’exploitation de l’information. Mais, à l’inverse des autres CAPES disciplinaire, on peut y accéder sans diplôme spécifique à la documentation.
Les particularités du documentaliste
Les compétences du documentalistes
Les programmes disciplinaires du collège depuis 1996 insistent sur l'introduction des compétences documentaires. L'utilisation des ressources documentaires fait désormais partie du contexte de rénovation pédagogique. Le document a un statut didactique voir épistémologique dans chaque discipline. Toutefois, la tentative de rédaction d'une circulaire sur les compétences documentaires en complément de ces programmes en 1996, a échoué. Cela ,faute du manque de reconnaissance institutionnelle du rôle direct de formation des élèves du documentaliste. On a ainsi manqué l'occasion de coordonner et clarifier la situation avec les autres disciplines. Le rôle des enseignants aujourd'hui est orienté moins sur la transmission des connaissances que sur l'accompagnement des apprentissages. Il faut que les enseignants soient formés à l'utilisation des ressources documentaires et informationnelles et à la pratique documentaire. Il semble qu'on peut limiter les compétences documentaires à des compétences uniquement intégrées dans des logiques disciplinaire. Une approche plus globale de la politique de formation des élèves à la maitrise des sources de l'information est nécessaire. Le documentaliste a cette vision globale et peut être le garant de la mise en place de ces apprentissages documentaires au même titre qu'un enseignant de discipline est garant des apprentissages dans sa discipline. Pour ces élèves , ces apprentissages n'ont de sens que contextualisés dans un projet de recherche. Dès lors, l'enseignant documentaliste peut jouer un rôle d'expert et de coordinateur tout en assurant un rôle de formateur. Il a une tâche de formation directe et spécifique des élèves même si cela s'inscrit dans le cadre de projet avec des collègues professeurs. Cependant, trop souvent les enseignants envoient des élèves travailler au CDI sans se préoccuper suffisamment des compétences acquises ou à acquérir pour trouver, sélectionner, exploiter, ou communiquer l'information, donc des compétences documentaires et s'étonnent du peu d'efficacité ou de créativité des élèves à partir de la documentation trouvée, dont le résultat final est encore trop souvent une compilation d'informations plus ou moins adroite. L'enseignant documentaliste a une spécialisation dans ce domaine et il peut intervenir directement dans la formation des élèves et faire prendre en compte la nécessité de ces apprentissages pour mener à bien et efficacement des projets.
Quelle perception du documentaliste?
Que peut penser un élève du documentaliste quand il n'en espère pas forcément une parole mais plutôt un document ? Les heures de présence que son statut impose sont un gage de disponibilité mais renvoient l'image d'un métier terriblement statique qui rend à tous un mauvais service. Le documentaliste est souvent débordé par la simultanéité des activités secondaires qui finissent par occulter l'essentiel : son rôle pédagogique. En revanche, il peut être extrêmement positif pour l'élève de dialoguer avec un adulte hors du cadre strict de la classe, autour d'un livre ou d'une recherche. La reconnaissance du documentaliste en tant qu'interlocuteur, et non prestataire de service, est une étape importante à ne pas manquer. Il est passionnant de construire à partir d'un document un rapport singulier et non-directif qui va bien au-delà du simple prêt d'ouvrages. Il paraît urgent de restituer la place du documentaliste dans l'établissement. L'essor du nouveau rapport entre documentaliste, professeurs et élèves est lié à la prise en charge de l'élève par le CPE. Celui-ci peut en effet reconstruire des stratégies de travail à partir des bulletins scolaires, et gagnerait sans doute à travailler de façon concertée avec le documentaliste qui adopte une démarche transdisciplinaire. Impliqué d'une autre manière dans la vie scolaire, l'administration et l'enseignement, le documentaliste commence à peine à recueillir auprès de l'élève les fruits d'une pédagogie revisitée,ou bien vécue d'une manière différente, qui prend sa source directement dans la documentation.
Le quotidien du documentaliste
Le travail au CDI
L'animateur du centre de ressources
Plusieurs pistes de travail peuvent être envisagées : -réaliser des actions transversales et interdisciplinaires avec les enseignants dans le cadre du centre de ressources.

