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Europeana
Un article de DokuPedia.
Fin 2004, Google annonçait son projet de numériser quinze millions de livres en six ans. Le "sursaut" "plaidé" par Jean-Noël Jeanneney ne se fit pas attendre, et, début 2005, celui-ci prenait la tête de ce qui allait devenir le projet de Bibliothèque Numérique Européenne. Trois années se sont écoulées depuis. Quel bilan dresser d'une période si courte mais pourtant décisive?
La qualité du prototype nommé Europeana présenté lors du dernier Salon du Livre de Paris, fin mars 2007, ne saurait cacher les inquiétudes quant aux partenaires engagés officiellement. Vingt-trois bibliothèques européennes s'étaient fédérées, en 2006. Seuls le Portugal et la Hongrie ont été au rendez-vous du Salon du Livre 2007, aux côtés de la France.
Lors du départ de J.N.Jeanneney et de l’arrivée de Bruno Racine, on s'inquiétait de la suite qui serait donnée au projet ardemment initié et soutenu par le président sortant de la Bibliothèque Nationale de France.
Le Parlement Européen consolidait pourtant les initiatives engagées en adoptant,le 27 septembre 2007 le rapport de M-H.Descamps, établissant les fondations d’un édifice durable.
Sommaire |
Les participants
Lorsque le projet fut lancé par le président de la BnF, en 2005, cinq pays européens étaient associés à sa réalisation : la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne, la Grande-Bretagne. Lors du lancement du prototype, le 22 mars 2007, on apprend que, seuls la Hongrie et le Portugal ont, pour l'instant, diffusé des ouvrages.
On sait que certaines bibliothèques ont préféré une collaboration avec Google. On apprenait au printemps 2007 la signature d'accords avec la bibliothèque de Bavière et l'université Complutense de Madrid. Elles rejoignent les bibliothèques des universités de Catalogne, d'Oxford, Harvard, Princeton, Stanford. En mai 2007, ce fut la bibliothèque de Lausanne qui se signala par l’adhésion au projet d’un premier établissement francophone.
Que trouve-t-on sur Europeana ?
Des ouvrages libres de droits appartenant aux fonds patrimoniaux
Le projet piloté par la France s'inscrit dans un strict respect du droit d'auteur, ce qui n'est pas totalement le cas pour "Google Recherche de Livres", qui persiste à mettre en ligne des extraits, et même des ouvrages entiers, soumis à ces droits.
A l’avenir : une offre légale d’ouvrages récents et protégés régis par le code de la propriété intellectuelle
Le public devrait couronner de succès une telle offre que les institutions devront négocier auprès des acteurs de l’économie du livre (auteurs et éditeurs). En effet, l’économie numérique du livre les engage sur la voie d’un nouveau modèle. La commission Politique numérique du Centre National du Livre se charge de « favoriser la signature d’un accord entre la BnF et les éditeurs ».
L’accès à ces ressources, diversement décliné, serait donc payant.Une présentation d’une version d’essai est prévue lors du Salon du Livre de Paris 2008. En dehors du fait d’accéder à des textes dans leur intégralité, de redonner vie à des ouvrages épuisés, on aurait la possibilité d’être renvoyé vers les libraires pour se procurer les ouvrages Ces initiatives auraient pour conséquence de renforcer les liens entre les différents maillons de la « chaîne du livre » dans la perspective d’une réelle complémentarité.
Côté technologie : la qualité d'un service d'experts
En passant du mode-image au mode-texte, le procédé de numérisation par reconnaissance optique de caractère (océrisation) a permis une grande avancée. Désormais, le lecteur jouit d’un espace de travail personnalisable par des étiquettes, des marques-pages, mais aussi de la possibilité d’une recherche en plein texte grâce à l' indexation faite par les bibliothécaires en termes de métadonnées. Un portail multilingue s’impose dans ce type d’outil. Déjà proposé dans la version de test, il sera un élément indispensable des bibliothèques nationales fédérées sous sa houlette. L’interopérabilité est en chantier non seulement pour les bibliothèques nationales européennes, associées aux musées, aux archives et à l’audiovisuel, mais aussi pour les bibliothèques nationales des pays francophones et pour les bibliothèques nationales dans le monde entier. On reconnaîtra ici respectivement les projets menés par l’Organisation Internationale de la Francophonie et par l’UNESCO. L’une prépare le portail francophone qui sera présenté en octobre 2008 au prochain sommet des chefs d’Etats du monde francophone au Québec, l’autre, dans le souci de ne pas marginaliser certains pays, l’accès à la grande diversité des patrimoines écrits des cinq continents. Ainsi se tisse peu à peu un réseau mondial de ressources bibliographiques et textuelles.
Côté financier
La gestion publique du projet est une garantie de transparence à laquelle B.Racine ne saurait déroger. Ainsi, le ministère de la Culture française a investi dix millions d’euros en 2007, trois fois plus qu’en 2006, sans exclure non plus les partenaires privés. La Communauté Européenne a apporté son soutien dès le début.
Pour le moment, même s’il annonce cent millions de dollars d’ici dix ans, Google n’en est qu’à cinq millions.
La résistance aux entreprises monopolistiques s’impose d’autant plus que, selon les lois du marché, les sociétés privées ne sont pas éternelles.Colosses aux pieds d’argile, elles peuvent disparaître d'un jour à l'autre. On découvre ici la part de risque encouru quant à la mission de conservation du patrimoine.
Un enjeu culturel
Si Europeana est l’occasion de « doper les études littéraires », par les fonctionnalités offertes aux chercheurs, « démultipliant les possibilités de découverte », comme l’écrit le journal Le Temps du 1er mai 2007, elle est aussi la garantie d’une indépendance informationnelle de l’Europe. En effet, le refus de s’inféoder à des entreprises telles que Microsoft ou Google sous prétexte qu’elles proposent "gratuitement" leurs services de numérisation, joue obligatoirement en faveur du pluralisme des sources.
Références
Bibliographie
- JEANNENEY, Jean-Noël : Quand Google défie l’Europe : plaidoyer pour un sursaut. Paris : Mille et une Nuits Essai, 2006
- MOLLIER, Jean Yves: Pour une bibliothèque universelle. In Bulletin des Bibliothèques de France.Tome 52. Numéro 3. Paris : ENSSIB, 2007.
[1]
- TESNIERES, Valérie ; LESQUINS, Noémie: La bibliothèque Numérique Européenne, Une stratégie culturelle de la Toile.InBulletin des Bibliothèques de France. Tome 51. Numéro 3. Paris : ENSSIB, 2006
[2]
Sitographie
Réseau Francophone des Bibliothèques Nationales Numériques
Centre National du Livre-Commission Politique numérique
Union Européenne :
- Trouver la notion Europeana sur l'internet des sciences de l'information et de la communication
Radio
France Culture, Masse critique, 17/02/2007
Annexe - Nombre de livres numérisés
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mars 2007 |
décembre 2007 |
2016 |
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Gallica |
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90000 (+ 80000) images |
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Bne |
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12312 |
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France |
7000 |
7128 |
|
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Hongrie |
4000 |
4143 |
|
|
Portugal |
1000 |
1041 |
|
|
|
1 M |
8,5 M |
15 M |
Catégories: TIC | GEID

