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HAL - Hyper Article en Ligne

Un article de DokuPedia.

HAL est un outil développé sur un modèle d'archives ouvertes qui est destiné à la publication scientifique dans son ensemble.

«Grâce à la banque d'articles HAL, les travaux des chercheurs français seront libres d'accès sur Internet, avant même qu'ils soient publiés dans des revues papier.» 
Extrait du journal Le Figaro, par YVES MISEREY.

Cette formule optimiste, rédigée le 17 octobre 2006 par le journal, donnait aux HAL un avenir plus que prometteur, mais l’analyse de la situation actuelle oblige à plus de prudence, dû aux réticences persistante en les nouvelles technologies.

Image:HAL.jpg


Sommaire

Aux origines

On peut comparer l’origine des archives ouvertes (AO) ou « open archives », à l’origine de l’Internet: le besoin de communiquer et d’échanger entre les chercheurs. Ce sont d'ailleur ces derniers qui ont permis l’essor des AO, par la mise en place d’outils simples de dépôt d’article pour un partage facilité de l’information par la communauté, ce qui a rendu possible la relecture et la correction des travaux. Cet échange a toujours existé entre scientifiques au cours des siècles passés, il se faisait notamment sous forme épistolaire. Aujourd’hui certains présentent l’échange via les AO comme une résurgence de cet antique pratique.

Les États-Unis ont donc vu surgir, dans les années 90, des AO dans de nombreuses communautés scientifiques, arXiv en physique et mathématique, RePEc en économie… Cette technologie est devenu un mouvement de fond sur le plan international auquel la recherche française ne pouvait échapper.

Mais la forte tradition jacobine française ne pouvait laisser les choses se constituer chez nous comme ailleurs, de la base vers le haut. En effet l’État a apposé sa griffe sur la construction d’un projet équivalent, en en faisant un outil national. On peut estimer qu’on est là assez loin de l’esprit « collaboratif » qui prévaut dans ce type de projet. Mais l’atout d’une telle démarche c’est notamment l'ouverture à toutes les disciplines qu’elle impose de fait.


Historique

La base d'articles en ligne destinée à accueillir les travaux des chercheurs français a été baptisée HAL[1], peut-être un clin d’œil à l’ordinateur du film « 2001 l’odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick. Elle a été créée en 2000 par le CNRS[2] et développée par le CCSD[3].

En 2004, Daniel Charnay, ingénieur du CCSD, lors d’une journée thématique du réseau de documentaliste « Go-Doc », présentait les missions données par le CNRS au CCSD sur le projet AO :

  1. Mettre le CNRS et la France en pointe dans l’utilisation des nouvelles méthodes de communication scientifique.
  2. S’appuyer sur l’expérience de la base américaine ArXiv en physique et mathématiques ; travailler, non pas en concurrence, mais en coopération avec nos collègues américains.
  3. Faire diffuser ces techniques nouvelles au sein d’un plus grand nombre de disciplines, idéalement de toutes celles étudiées au CNRS et associer, autant que possible, les autres EPST[4] et les universités au mouvement.
  4. Assurer la conservation des documents et la stabilité des adresses http à long terme.
  5. Rendre le monde de la recherche plus indépendant des éditeurs commerciaux de journaux scientifiques.

On peut rappeler qu’à l’époque le CCSD était dirigé par Frank Laloë, directeur de recherche en science physique, discipline elle-même à l’origine du mouvement des archives ouvertes aux Etats-Unis dans les années 90 avec la création d’«arXiv». Cette proximité scientifique avait rendu Mr Laloë très réceptif, et sa participation au CCSD a été un facteur déterminant dans la construction du projet français.

L’objectif initial de HAL consistait à donner une meilleure visibilité aux travaux des chercheurs du CNRS, par le biais d’un réservoir d'articles scientifiques. Ceux-ci sont directement déposés par les chercheurs ou les laboratoires, et rendus ainsi immédiatement et gratuitement accessibles aux scientifiques du monde entier. Le projet s'est progressivement ouvert à l'ensemble de la recherche française, sans aucune restriction de disciplines. Depuis 2004, l'INRIA[5] participe activement à cette entreprise ; de nombreux autres établissements de recherche, comme l'INRA[6], le CEMAGREF[7], le CIRAD[8], l'INSERM[9], l'Institut Pasteur, les Grandes Écoles et Universités, se sont joints au mouvement en 2006.

Lors de la présentation du protocole d'accord signé par ces partenaires, Daniel Charnay indiquait :

"Près de 1 200 textes intégraux sont déposés chaque mois sur le serveur HAL ce qui représente environ 15% de la production scientifique française
extrait de l'AEF, dépêche n°69738.

À ce jour, plus de 55000 documents ont été déposés dans HAL.

Archives ouvertes versus Publications édités

«Si elles[les AO] n'intègrent pas nécessairement la sélection et l'amélioration des articles effectuées par un comité éditorial, elles offrent d'autres spécificités (…) comme la multiplicité des versions des articles permettant par exemple une remise à jour lorsque nécessaire.» 
extrait d'un communiqué de presse de CNRS Édition

Ce communiqué date de la signature d’un accord entre cet éditeur et le CNRS, et marque bien le bémol émis par les éditeurs quant à la validité scientifique des archives ouvertes. Depuis le début du 20e siècle, avec le développement des publications, et la naissance de très gros éditeurs scientifiques européens tels le Néerlandais Elsevier ou l’Allemand Springer, la validation de la recherche est passée par l’édition imprimée. Aujourd’hui encore les chercheurs sont évalués sur les publications de leurs travaux de recherches dans des revues internationales à comité de lecture. Cet état de fait est à la fois à l’origine du succès des AO et en même temps la source d’une très grande méfiance:

  • Le succès, tout d’abord, car devant la complexité de publier dans certaines revues, les temps de parution pouvant être extrêmement longs et les prix des revues sans cesse en augmentation, la perspective de publier immédiatement, sans frein aucun, et de pouvoir être lu par tous est un atout majeur.
  • La méfiance ensuite, car qui dit Archive ouverte, dit absence de comité de lecture, et impossibilité de faire valider ses recherches par les pairs et donc par l’institution évaluatrice.

Devant ces dilemmes certains éditeurs ont décidé de revoir leur copie. Plutôt que de faire payer la lecture de la revue, on fait payer le dépôt de l’article. Cela a ainsi donné naissance aux PLoS[10], publications à comité de lecture ne faisant payer que le dépôt mais pas l’accès aux articles.

Au modèle classique « abonné-payeur », de nouveaux modèles éditoriaux prennent forme :

  • Le modèle« auteur/institution-payeur »: l'auteur ou son institution paie pour publier, mais la diffusion est ensuite gratuite et en libre accès.
  • Des solutions mixtes avec, par exemple, un libre accès aux articles, autorisé après une période d’embargo (de 6 mois le plus souvent) ou un modèle hybride "libre accès au choix" : les auteurs moyennant un supplément peuvent diffuser leurs articles en libre accès sur le site de la revue.

Aspects juridiques

Les règles de droit sont rappelées sur ce site dans l’article sur les archives ouvertes. Nous allons donc présenter ici les contre-arguments aux règles.

Deux possibilités de dépôt s’offrent aux chercheurs :

  • le pre-print, dernière version de leur travail avant que l’éditeur y appose ses modifications, sa mise en page…
  • le post-print, la version éditée du travail.

Dans le cadre du droit d’auteur, le pre-print permet à l’auteur de conserver l’intégralité de ses droits, là où le post-print transfert une partie des ces mêmes droits vers l’éditeur. On entend donc qu’il n’y a aucun frein à la publication du pre-print. Dire cela, c’est ne pas tenir compte du droit de la concurrence. Si vous diffusez gratuitement sur HAL le contenu d’un article au moment même où celui-ci est vendu par une revue, l’éditeur de cette dernière peut s’estimer lésé et porter plainte. Dire cela, enfin, c’est ne pas tenir compte des liens étroits qui unissent les chercheurs à leurs éditeurs traditionnels. Si on prend en exemple le cas des Sciences Humaines et Sociales, où ce lien, du fait du faible nombre d’éditeurs, est particulièrement fort, la crainte de se brouiller avec son éditeur et de ne plus pouvoir travailler avec lui est telle qu’elle amène bien souvent les chercheurs à s’interdire le dépôt sur AO.

À ces cadres juridiques stricts, il convient de proposer aux chercheurs des principes de « bons voisinages » avec les éditeurs. Le documentaliste, qui bien souvent est un médiateur entre le chercheur et l’AO, doit recommander, pour tous dépôts, de contacter au préalable l’éditeur afin que celui-ci ne se sente pas trahi et qu’il puisse préciser les conditions, par lui acceptables, d’un dépôt.

Les bonnes raisons de déposer dans HAL

  • La vitrine: Hal, on le répète, est un outil de communication scientifique directe entre chercheurs. Les articles déposés seront plus accessibles et visibles. Les moissonneurs tels OAISTER, citent HAL au même titre que l’ensemble des archives respectant le protocole OAI.
  • La diffusion: La gratuité de l’accès est la meilleure assurance de la diffusion des travaux de recherche.
  • La « dernière chance »: Même si cette dénomination est quelque peu provocatrice, elle n’en demeure pas moins une réalité. La difficulté rencontrée pour trouver un éditeur est telle, que plutôt que de voir un manuscrit rester dans un tiroir pendant des années, l’auto-archivage devient une autre façon de publier.
  • La pérennité: Les documents déposés dans HAL bénéficient de la pérennité de la base et y restent de façon permanente. Ils reçoivent une adresse web stable; ainsi, comme une publication dans un journal scientifique habituel, ils peuvent faire l'objet d'une citation dans un autre travail.
  • L’administration: Hal peut aussi servir dans la production des listes des publications que le CNRS et les autres EPST réclament chaque année. Certains travaux, associant SPIP, les fils RSS et Hal, proposent même d’enrichir automatiquement les pages web personnelles des chercheurs en allant prendre le contenu de Hal.

Les bonnes façons de déposer

Les types de dépôt pouvant être effectués dans HAL

  • Document en texte intégral n’ayant jamais été publiés. Il n’y aura donc pas de notice bibliographique associée. Nous sommes là dans le cas où HAL devient zone de publication scientifique.
  • Document en texte intégral précédemment publié dans une revue scientifique, dans un ouvrage collectif, dans les actes d’un colloque… Le document en texte intégral sera enrichi d’une notice bibliographique rappelant les termes de la première édition.
  • Simple référence bibliographique, qui contient les références de publication d’un article, livre, etc. publié, mais pas le texte intégral.

Les étapes du dépôt

  • l’enregistrement est le préalable, très rapide, il permet de personnaliser la présentation des notices (courriel, page web personalisable, photo…)
  • le dépôt s’effectue au long de 4 écrans de saisie:
  1. le premier écran permet de décrire métadonnées et, éventuellement, des références de publication (titre, résumé, descripteurs..).
  2. le second est consacré à la mention des auteurs et laboratoires, ainsi que leurs associations. On peut indiquer autant d’auteurs que l’on souhaite, la seule exigence est que tous doivent être associés à un laboratoire.
  3. le troisième permet de télécharger les fichiers du texte intégral, en formats divers. C’est à ce stade qu’on indique si le document déposé est un "pre-print" ou un "post-print", pour lequel l’éditeur aura donné son accord au dépôt.
  4. le dernier écran est un écran récapitulatif, avant la finalisation du dépôt.

La recherche

La consultation des documents se fait à l'aide d'onglets :

  • "Parcourir", vous permet d'accéder aux documents par discipline, collection, date de rédaction, 30 derniers dépôts, type de document.
  • "Rechercher", vous propose une recherche simple par mot du titre, auteur, mots du résumé, mots-clés. Cette recherche ne s’effectue que sur les dépôts en texte intégral. La recherche avancée permet d'utiliser les opérateurs booléens ainsi que le filtrage par type de document. Dans cette seconde recherche, il est possible de consulter l’intégralité de la base : texte intégrale + notices bibliographiques.

La recherche par identifiant vous donne la possibilité de rechercher les documents par identifiant OAI.

Conclusion : Les documentalistes et HAL

Qu’ils le souhaitent ou le craignent les chercheurs français, s’ils n’ont pas encore franchi le pas, devront intégrer la notion d’archives ouvertes dans leur réflexion scientifique. Les documentalistes ont un rôle primordial à jouer auprès d’eux pour leur faciliter l’accès. Comme l'indique le CCSD sur la page d'accueil de HAL :

« Le dépôt doit être fait, soit par un des auteurs du document ayant l'accord des autres auteurs, soit par une personne autorisée (documentaliste du laboratoire par exemple). ».

Mais le documentaliste peut faire plus que le dépôt.

Différentes actions peuvent être menées de façon collectives ou individuelles. Dans un premier temps, comme l’objet HAL reste, même après 7 années d’existence, relativement flou, il faut le présenter massivement, aux laboratoires et aux groupes, en fonction du public auquel on est attaché. Ces présentations auront pour but de familiariser les futurs utilisateurs à un site Internet, à des termes techniques, et aussi à amoindrir certaines craintes (notamment d’ordre juridique), derrières lesquelles il est parfois aisé de se protéger pour ne pas avancer. Ce premier moment est là pour donner l’envie d’essayer.

Dans un second temps, l’étape individuel consistera à former chaque chercheur volontaire au dépôt. L’accompagnement pourra se faire aussi longtemps que le chercheur en émettra le besoin, jusqu’à ce qu’il se sente rassuré. Ceci est le rôle que peut endosser tout documentaliste proche de ces derniers. Ces échanges seront aussi le moment de parler de format électronique de document, de numérisation… autant de nouvelles facettes du métier de documentaliste que le chercheur pourra découvrir et exploiter ultérieurement.


Quelques exemples de sites HAL

CIRAD http://hal.cirad.fr/
INRIA http://hal.inria.fr/
INSERM http://www.hal.inserm.fr/
Université Lyon1 http://hal-univ-lyon1.archives-ouvertes.fr/
Université de Nice Sophia Antipolis http://hal-unice.archives-ouvertes.fr/
Université Paris Descartes http://hal-descartes.archives-ouvertes.fr/
Institut Pasteur http://hal-pasteur.archives-ouvertes.fr/

Notes

  1. Hyper Articles en Ligne
  2. Centre National de la Recherche Scientifique
  3. Centre pour la Communication Scientifique Directe
  4. Établissement public à caractère scientifique et technique
  5. Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique
  6. Institut National de Recherche Agronomique
  7. Centre National du Machinisme Agricole, du Génie Rural, des Eaux et Forêts
  8. Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement
  9. Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
  10. Public Library of Science


Bibliographie

  • Andre F., Charnay D. (2006), Support of open archives at national level. The HAL experience -- Dans Rapporti ISTISAN 07/12 Istituto superiore di Sanita - Institutional archives for research: experiences and projects in Open Access, Italie (2006) - [1]
  • Baruch P. (2007) La diffusion libre du savoir Accès libre et Archives ouvertes [sic_00169330 ? version 1] (03/09/2007)
  • Bosc, H. (2005), Archives ouvertes : quinze ans d’histoire. In : Les Archives Ouvertes :enjeux et pratiques. Guide à l’usage des professionnels de l’information, C. Aubry, J. Janik (eds.), Paris : ADBS. pp 27-54
  • Chanier, Thierry (2004), Archives ouvertes et publication scientifique : comment mettre en place l'accès libre aux résultats de la recherche ?. Paris : L'Harmattan. 186p.
  • CNRS-DIS/DAJ/INIST (2005), Aspects juridiques du dépôt de documents en archive ouverte « HAL » - Guide pratique (Projet)
  • Ha-Duong M. (2006), SPIP dans la recherche : la gestion avec RSS des listes de publications déposées au Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD/HAL) - [2]
  • L'Hostis D., Aventurier P. (2006), Archives ouvertes – Vers une obligation de dépôt ? Synthèse sur les réalisations existantes, les pratiques des chercheurs et le rôle des institutions. Rapport de recherche 44 p. [sic_00115513 ? version 3]
  • Merceur, Fred (2005), Archimer, ou la mise en place d’une Archive Institutionnelle à l’Ifremer. Ifremer, Service de la documentation et des bibliothèques. 32p.

Liens externes

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