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Littérature grise

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La littérature grise désigne, selon l'AFNOR : tout « document dactylographié ou imprimé, produit à l'intention d'un public restreint, en dehors des circuits commerciaux de l'édition et de la diffusion et en marge des dispositifs de contrôle bibliographiques ».
Pour la British Library, la littérature grise se compose de documents qui ne sont pas disponibles dans les circuits classiques de distribution et qui, de par ce fait, sont complexes à identifier et à obtenir.
La littérature grise, également appelée « non conventionnelle » ou « souterraine », reste un ensemble flou, irrégulier et variable. Mais l'intérêt de ne pas l'occulter comme source de documents réside dans le fait que la frontière est mince entre les documents édités et ceux qui sont dits « auto-édités» dans le cadre bureautique ou domestique, et susceptibles de fournir un grand intérêt qui dépasserait ces cadres. Il est pourtant nécessaire de souligner que les documents personnels ne font pas partie de la littérature grise. Bien que correspondant aux définitions données plus haut, tout document détenu par une personne qui ne concerne rien d'autre que sa vie privée n'entre pas dans le domaine de la littérature grise.


Sommaire

Pourquoi tant d'intérêt autour de la littérature grise ?

La littérature grise correspond à un grand nombre de documents, les négliger serait équivalent à renoncer à une grande partie des informations véhiculées par eux. De plus, les coûts de publications par les éditeurs augmentent pendant que le budget des bibliothèques diminue, la littérature grise est un moyen de diffusion rapide de l'information. Aujourd'hui, beaucoup de personnes dans l'administration et le milieu scientifique travaillent sur une partie de cette littérature grise précise, comme des rapports et projets scientifiques, des études, expertises, rapports annuels et mémoires rédigés par des administrations; qui se trouvent abondamment, mais sans avoir été édités.

Volume

La littérature grise étant un ensemble fou et difficilement identifiable, il est également difficile d'évaluer la quantité existante. Il y a néanmoins des estimations, mais le fait de savoir qu'il existe de plus en plus de littérature grise rend une évaluation impossible et obsolète dès lors qu'elle est communiquée.
Il y a un peu plus de 20 ans, Nicolas Jéquier et Stevan Dedijer estimaient la littérature grise à 9% de l' « information ouverte ». Dix années plus tard, de nouvelles études menées sur des évaluations de plusieurs organismes différents tels que la National Aeronautics and Space Agency (NASA) aux États-Unis, la FachInformationzentrum de Karlsruhe en Allemagne, et l'Istituto Superiore di Sanita en Italie; révèlent que la part de la littérature grise dépassait les 20%.

Types de littérature grise

Il existe plusieurs types de littérature grise. Cette catégorie englobe en effet toutes sortes d'écrits qui ne sont pas destinés à l'édition.
La littérature grise fournit, généralement, des informations de bonne qualité, originales et récentes.

Une forme provisoire

Est considéré comme de la littérature grise tout écrit non édité. En ce sens, une thèse qui n'est pas encore éditée (et qui peut encore subir des modifications), les mémoires, toute pré-publication font partie de la littérature grise


  • les publications à caractère scientifique : recherches, thèses, actes de congrès ou de séminaires (non publiés), rapports d'études, de réunions.
  • Le matériel documentaire : produits des chambres de commerce et d'industrie, des partis et des syndicats, des associations, statistiques, les prospectus, tracts, les plans et expertises, ainsi que les lettres et correspondances économiques, etc.
  • Les brevets

Les rapports

  • Les communiqués internes aux entreprises : bien que non édités, ces documents ont une grande importance pour les chercheurs, étant à la base des circulaires internes, ils restent des imprimés informatifs. Même si ils sont créés uniquement pour une situation précise, dans un espace prédéfini et pour des personnes ciblées, ils constituent une source riche d'information pour divers chercheurs.
  • Dans les pays en développement, notamment en Afrique, il est question d'une grande partie de littérature grise. En effet, plusieurs études et recherches sont réalisées dans le domaine de la santé, l'hygiène, l'agriculture, et sont d'une réelle importance pour connaître ledéveloppement et la croissance de ces pays. Toutes ces recherches sont proposées sous formes de brochures, de dépliants... sans être pour autant éditées, et restent donc difficiles à trouver.


Cependant, même si certains de ces documents ne semblent utiles qu'à un groupuscule de personnes, l'intérêt pour les documentalistes, les bibliothécaires, les chercheurs, etc. reste présent de par leur existence.

Pourquoi ne sont-ils pas édités ?

Effectivement, si ces documents sont si précieux pour la recherche de par leur variété et leur caractère original, pourquoi ne sont-ils pas édités dès le départ ?
Il y a plusieurs raisons à cela:

  • les délais de publication : quand un article est rédigé, il peut se passer plusieurs mois avant qu'il ne soit publié dans une revue, l'article perd donc de sa valeur pendant cette période d'attente.
  • le manque d'intérêt : souvent un auteur nesaisit pas la valeur de son article, pour lui il n'a d'intérêt que pour très peu de personnes, et il ne lui semble pas nécessaire de se faire publier par une maison d'édition.
  • les coûts plus faibles : faire circuler à l'aide de moyens primaires comme la photocopie dans un cadre interne coûte moins cher et c'est d'autant plus rapide qu'il n'est pas nécessaire de passer par une maison d'éditions.

Les projets pour recenser la littérature grise

En décembre 1993, une première conférence internationale est tenue à Amsterdam sur les problèmes que pose la littérature grise. Celle-ci est, comme vu plus haut, difficilement identifiable et l'accès est tout aussi difficile. Voilà pourquoi, plusieurs organismes au service de l'information cherche à la recenser.

En France

Depuis une vingtaine d'années, l'importance de la littérature grise est mise en avant dans plusieurs rapports, mais ce n'est qu'à partir de 1992 que le ministère de la recherche et de la technologie met en place un programme qui se veut de recommander aux auteurs de cette littérature de respecter certaines règles afin de faciliter la publication et la diffusion de leurs rapports. Ce programme a été mis en place suite au rapport de l'AFNOR : Recommandation aux auteurs, plaquette publiée en août 1991 avec la participation de ce même ministère après une étude en 1990 sur la littérature grise.

  • Le dépôt des publications officielles revient au Service des échanges internationaux de la Bibliothèque nationale, ainsi les « ministères, les administrations publiques, tant de Paris que des départements et d'Outre-Mer, les établissements publics, les entreprises nationalisées » doivent faire parvenir à l'organisme « tout document qu'ils feront imprimer soit à leur compte, soit au compte d'une maison privée d'édition ». Il existe un département de la Bibliothèque nationale qui est spécialisé dans l'accueil, la description, la conservation et la diffusion de ces publications.
  • Les brevets sont quant à eux déposés, signalés et conservés par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI).
  • Les catalogues industriels sont récoltés et conservés par la Bibliothèque de l'Université de technologie de Compiègne.
  • Les normes qui sont rédigés d'après l'initiative de l'Association Française de Normalisation (AFNOR), le correspondant français de l'International Organization for Standardization (ISO), sont diffusés par cet organisme, les normes et projets de normes français, les règlements techniques, les spécifications professionnelles et les normes étrangères contenant les données techniques sont compulsés depuis 1976 dans la base bibliographique NORIANE, accessible sur Télésystèmes-Questel.

De plus, un arrêté ministériel datant de 1976 rend obligatoire le dépôt de toutes les thèses, doctorats d'État, d'université et de troisième cycle, diplômes de docteur-ingénieur à la bibliothèque de l'université de soutenance. Une copie des thèses littéraires, économiques et juridiques est envoyée au Centre de documentation sciences humaines (CDSH) du Centre National de la Recherche Scientifique ( CNRS ). De même que les thèses scientifiques soutenues devant les universités et les établissements d'enseignement supérieur sont expédiées par les soins de la bibliothèque universitaire au CDST.

Voici deux autres organisations qui constituent une base de données de la littérature grise française :

  • GRISELI qui a mis en place un système de chaîne électronique de l'auteur au lecteur.
  • Iris (anciennement Grisemine). Grisemine a été réalisé par le Service commun de documentation de l'Université des Sciences et Techniques et Lille.

Les autres entreprises nationales

Les États-Unis

Le National Technical Information Service (NTIS) des Etats-Unis succède en 1970, à une « Clearing house » et est en charge de collecter et de diffuser « les rapports, études ou analyses de recherches, de développement ou d'ingénierie financés sur fonds publics, c'est-à-dire élaborés par les agences fédérales, leurs contractants (universités ou grandes entreprises) ou les organismes bénéficiaires de leurs subventions ainsi que divers groupes technologiques spécialisés, il peut se prévaloir avec quelque satisfaction d'être la source centrale et unique des rapports de recherches et autres informations techniques émanant du vaste réseau fédéral des ministères, des bureaux et des agences ». Les rapports sont ensuite diffusés dans le monde entier, vendus sur des microfiches, par ailleurs un bulletin bibliographique ( le Government Reports Announcement and Index ) paraît ensuite tous les deux mois référençant la notice des documents, ainsi que leur résumé, ou ces notices et résumés sont également consultables en ligne à partir de la base de données du NTIS.
D'autant que le NTIS met à disposition de ses utilisateurs un grand nombre de rapports étrangers. De plus d'autres centres participent à ce recensement, comme la NASA, le Department of Energy (DOE), etc. en donnant accès aux documents primaires pour en assurer la diffusion sur bulletin.

Le Royaume-Uni

La British Library Lending Division ( BLLD ) cherche l'exhaustivité dans la littérature traditionnelle tout comme dans la littérature grise. Dans le cadre d'échanges institutionnalisés, ainsi que grâce aux correspondants locaux et les ambassades plusieurs documents étrangers y sont déposés, en plus des documents britanniques. Les documents sont répertoriés dans des bibliographies publiées sur papier : les British Reports Translations and Theses, qui sont mensuels, et déclarent 1 500 documents dans chaque livraison, et l'Index of Conference Procéedings Received by the BLLD.

D'autres pays font également un effort de recensement comme l'Italie et la Russie.

Les efforts internationaux

  • En 1952, l'OTAN constitue un groupe de travail pour la recherche et le développement aéronautique, l' Advisory Group for Aerospace Research and Development (AGARD) dont toutes les publications sont répertoriées sur un CD-ROM.
  • SIGLE (System of Information on Grey Litterature in Europe) réalisé par l'association EAGLE (European Association for Grey Litterature Exploitation ) a été créée en 1980. La base de données couvre plusieurs disciplines comme la technologie, les sciences naturelles, la biologie, la médecine, l'économie et les sciences humaines par exemple. À l'origine le SIGLE était financé par la CEE, et regroupe plusieurs pays européens dont la France, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, l'Irlande...

Voir aussi

  • Trouver la notion "Littérature grise" sur l'internet des sciences de l'information et de la communication
  • Le rapport de la conférence annuelle de l'IFLANET (International Federation of Library Associations and Institutions) datant d'août 1994 consultable ici
  • Le dossier de la bbf

Sources

  • Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l'Information et des Bibliothèques [BBF]Bulletin des Bibliothèques de France
  • Bibliothèque de l'Université Lille 1 [[1]] Grisemine
  • Bibliothèque uOttawa - Bibliothèque des Sciences de Santé [Bibliothèque uOttawa]Bibliothèque uOttawa
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